Què novels à Lîdje, ou les états d’âmes d’un Juif liégeois (si, si, ça existe…)

Lundi 15 avril, se tenait au Foyer Culturel Juif de Liège, à l’initiative conjointe du Foyer Culturel, de la Communauté Israélite de Liège et du Musée de la Communauté Israélite de Liège « Serge Kruglanski », et comme chaque année, d’ailleurs, la cérémonie de commémoration annuelle de la Shoah, « Yom Hashoah vehaGvourah ».

Je sais que c’était le début du Yom Haatzmaout, précédé du Yom Hazikaron, mais voilà, il n’est pas toujours aisé de faire coïncider les agendas de tous les intervenants, surtout quand ils viennent de loin (Bruxelles !) et nous n’avions donc pas eu d’autre choix que nous réunir ce lundi 15 avril à 20h.

Comme toujours, la cérémonie célébrée devant une très nombreuse assistance (la grande salle était remplie jusqu’au fond !) a débuté par l’allumage de six bougies en mémoire de nos six millions de victimes, par d’anciens déportés, par d’anciens enfants cachés, mais aussi par des survivants du génocide des Tutsi du Rwanda que notre président, Guy Wolf associe depuis maintenant plusieurs années à cette commémoration. La dernière bougie étant toujours allumée par la plus jeune personne présente, en témoignage du passage du flambeau de la mémoire aux jeunes générations et surtout pour souligner que malgré l’horreur de la barbarie nazie, nous sommes toujours là ! « Am Israël Haï ! ».

Après « El Maaleh Rahamim » et le « Kaddish » récités par notre Rabbin, Yehoshuah Nejman et  la projection de l’œuvre exceptionnelle de Marianne Winkler « Disparitions », le professeur Thomas Gergely, que l’on ne présente plus, nous a entretenu avec son érudition habituelle et une flamme toute particulière de Raoul Wallenberg, ce Juste Parmi Les Nations suédois qui a sauvé des dizaines de milliers de Juifs Hongrois (dont Thomas Gergely lui-même, ce qui explique, je crois, cet enthousiasme si communicatif de son récit) et dont on ne sait toujours pas ce qui lui est arrivé après que les Soviétiques l’aient arrêté au moment de la libération de Budapest.

Il me faut encore souligner une particularité exceptionnelle de cette cérémonie. Des membres de l’organisation des Musulmans progressistes de Belgique, (avec qui notre président est en contact régulier) accompagnés de leur Imam, ont souhaité participer à notre commémoration et nous ont fait la joie d’y être présents. En cette période de relations parfois difficiles entre nos communautés, cette initiative mérite d’être non seulement rapportée mais surtout, encouragée ! C’est cette ouverture mutuelle qui, seule, peut nous permettre de nouer le dialogue, car même si nous ne sommes pas d’accord sur tout, notamment sur la situation au Moyen-Orient, seule une meilleure connaissance de l’autre et des rapports mutuels empreints d’ouverture et de curiosité nous permettront de surmonter les peurs réciproques si présentes aujourd’hui.

Je tiens donc ici à les remercier publiquement de leur présence et à féliciter notre président de son initiative et j’espère vraiment que nous nous reverrons encore, et qui sait, la prochaine fois, à leur initiative et chez eux…

Pour conclure, il me paraît qu’allumer ainsi la flamme du dialogue à celle du souvenir est un bel espoir pour l’avenir !

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