Qui sera le nouveau président du CCOJB?

L’assemblée générale du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) élira son nouveau président le 14 décembre 2006. Quatre candidats se présentent. Ils veulent dynamiser une institution qui, depuis plus de 30 ans, joue un rôle majeur, tant dans la vie communautaire que sur la scène politique belge. Norbert Cigé est né à Bruxelles le 1er septembre 1942 : En 1948, je suis entré à l’Ecole israélite de Bruxelles, l’ancêtre de «Maïmo». Après mes secondaires à l’Athénée royal de Bruxelles, j’ai fait une licence en langues germaniques à l’ULB. Puis j’ai enseigné, notamment à l’Athénée Maïmonide, et en 1984, j’ai été chargé de développer la section secondaire de l’Ecole Ganénou, y assumant la fonction de préfet des études jusqu’en 2005. En posant ma candidature à la présidence du CCOJB, j’entends contribuer à la pérennité du judaïsme, mon identité juive chevillée au corps, menant un combat humaniste d’ouverture à l’autre comme le prochain le plus proche! Le CCOJB est l’interface entre l’ensemble des organisations juives qui lui sont affiliées et le monde politique extérieur. Il doit participer activement aux grands débats de la société belge. Il faut ouvrir des fenêtres, jeter des ponts, réagir face à l’antisémitisme, le racisme et la xénophobie, défendre l’intégrité physique de l’Etat d’Israël et apporter notre soutien moral à ses gouvernements démocratiquement élus.
Bruxellois de naissance, Lazard Perez est également un enfant caché. Mon père est né à Jérusalem où sa famille était établie depuis longtemps, et c’est à Paris qu’il a rencontré ma mère, originaire de Pologne. Mon engagement militant au sein du mouvement sioniste remonte à l’après-guerre lorsque je suis entré à l’Hanoar. En 1948, à 16 ans et demi, je suis parti en Israël comme volontaire. Grièvement blessé, j’ai été contraint de rentrer en Belgique. En 1959, jeune ingénieur civil des Constructions, frais émoulu de l’Université Libre de Bruxelles, j’ai créé la première entreprise spécialisée dans le domaine de la réparation du béton. J’ai toujours été réfractaire aux idéologies et ne suis membre d’aucun parti, mais je reste fidèle à mes idéaux sionistes et profondément attaché à Israël. J’ai exercé la présidence du CCOJB de 1989 à 1993. C’était une période difficile, durant laquelle nous nous sommes trouvés engagés dans l’affaire du Carmel d’Auschwitz. Depuis, je suis resté très impliqué dans la vie communautaire, en particulier dans des activités culturelles qui permettent de mieux faire connaître Israël au public belge. J’ai aussi été étroitement associé aux travaux de modernisation du Musée d’Auschwitz. Je pense qu’il faut dynamiser d’urgence le CCOJB, lui redonner un rôle moteur, tant au sein de la communauté juive de Belgique que sur la scène internationale, notamment au sein du Congrès juif européen. Il faut mettre les choses au goût du jour, par exemple en créant un site internet, et surtout, préparer l’avenir en formant nos successeurs!
Diplômé de l’EPHEC, Joël Rubinfeld a fondé en 1992 une société de communication, et s’est investi ces dernières années dans l’activité militante. Secrétaire général des amitiés belgo-israéliennes, il a entre autres organisé dans ce cadre un voyage de parlementaires belges en Israël afin de faire découvrir à nos hommes politiques la société israélienne au quotidien. Joël Rubinfeld est co-fondateur de l’Atlantis Institute, think tank dont les réflexions portent sur de grands débats actuels : la démocratisation, la globalisation, le conflit du Proche-Orient. Depuis plus de cinq ans, la communauté vit des moments difficiles et se trouve confrontée à l’antisémitisme au quotidien. Face aux pouvoirs publics, le CCOJB, qui est la voix de la communauté, doit se montrer plus ferme et intransigeant. L’arsenal législatif existe mais doit être appliqué! Un bon président du CCOJB doit agir en chef d’orchestre, mieux organiser les énergies de tous ceux qui, au sein de la communauté, veulent agir et travailler. Le CCOJB
doit être plus actif dans nos relations avec Israël ainsi que dans les rapports de la communauté juive au monde extérieur. Je souligne l’importance capitale d’un bon site internet, qui doit être la vitrine du CCOJB,
et qu’il faudra animer par une newsletter hebdomadaire et un bon agenda reprenant toutes les activités communautaires, montrant ainsi le dynamisme du judaïsme belge. Il faut mieux expliquer les actions du CCOJB, reprendre des articles importants parus dans la presse communautaire. Bref, le CCOJB doit jouer pleinement son rôle fédérateur et coordonner les activités avec intelligence, et une volonté constante de dialogue.

Economiste, Henri Gutman a exercé des fonctions de direction dans de grandes sociétés internationales. Il est professeur de marketing (HEC-Université de Liège, Solvay-ULB) et consultant. Fils de militants sionistes, originaires de Pologne et déportés à Auschwitz, Henri Gutman est administrateur, membre du comité directeur et vice-président en fonction du CCOJB. Il est également vice-président du CCLJ, administrateur de la Fondation du Judaïsme et du Musée Juif de Belgique.
Depuis 40 ans, je milite avec énergie et conviction dans les organisations juives. A la tête de l’Union des Etudiants, de la Fédération de la Jeunesse Juive ou comme vice-président du CCOJB, j’ai toujours recherché le plus grand dénominateur commun entre les militants. Seul le consensus mobilise les énergies et nous aide à gagner nos combats. Les prochains mois seront difficiles pour Israël et pour notre communauté. Un CCOJB avec une présence active et une forte visibilité sera plus nécessaire que jamais pour dénoncer les dérives antisémites de tous bords et la diabolisation de l’Etat d’Israël. Il faut renforcer nos relations avec le monde politique et la presse. Promouvoir la paix entre Israël et ses adversaires, et ajouter la pédagogie à la protestation. Tisser des alliances, voire des liens d’amitié avec les responsables communautaires arabo-musulmans. Remarquable par sa diversité et son dynamisme, notre communauté manque de structure et de ressources financières. Le CCOJB doit oeuvrer à mieux coordonner les priorités et les synergies. Sa pratique doit regrouper l’éventail des tendances de la communauté, permettre aux petites organisations de s’exprimer, organiser la réflexion et l’échange d’idées et de propositions entre le CCOJB, ses membres et la population juive. Ainsi, le CCOJB doit proposer à la Fondation du judaïsme des critères et des priorités pour la distribution des revenus de son capital. De même, il est urgent de réévaluer notre position et nos relations avec le Forum des Organisations juives d’Anvers. Le CCOJB doit aussi se doter de moyens de communication modernes et de bonnes sources financières. Enfin, son comité directeur doit constituer une équipe multidisciplinaire qui travaille, établit un plan d’action et un budget annuel, avec un secrétariat solide et des locaux adéquats.
Quels que soient les résultats du scrutin, précisons qu’un candidat doit réunir 2/3 des voix pour être élu président, sinon il faudra organiser un second tour. Ensuite, un nouveau comité directeur sera choisi par le conseil d’administration du CCOJB en janvier 2007.

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