On a beau faire, on ne s’habitue pas à l’existence d’une extrême droite juive aussi haineuse, raciste et bornée que celle des autres peuples. Certes, c’est assez arrogant comme manière de penser : cela sous-entend que nous serions meilleurs, que nous n’avons pas autant d’imbéciles et de brutes que le reste du monde. Raté.
Tout de même, on ne s’y fait pas. Chez nous, en Europe ? Après ce que ces mouvements ultranationalistes nous ont fait subir à nous mais aussi à l’ensemble des démocraties ? Bonjour, la transmission.
Ah mais, nous expliquent ces petits malins, c’est que l’extrême droite a complètement changé. Elle aime les Juifs à présent. Elle les accepte, elle les réclame. On est frères d’armes avec eux contre le véritable étranger : le musulman.
Prenons le cas de l’English Defence League, (EDL) un mouvement créé en 2009 et qui a connu un succès fulgurant avec un discours sur le mode « Nos soldats combattent l’extrémisme musulman en Afghanistan et en Irak et nous faisons de même chez nous ».
Coïncidence stupéfiante, se sont dits les ultra-sionistes britanniques, c’est aussi contre eux que se bat Tsahal. Depuis cette révélation, des drapeaux israéliens flottent au côté de la Croix de St Georges à chaque manifestation destinée à casser du « Paki » ou tout autre « envahisseur islamique ».
« Mais ce n’est pas du racisme », se défend Roberta Moore, une des leaders de la « Division juive ». « Si l’EDL était raciste, nous ne serions pas là ». Ca se mord un peu la queue comme raisonnement, non ? Pas assez cependant pour gêner les adhérents juifs.
A chacun ses cinglés
Mais faut-il vraiment s’inquiéter des braillements de cette poignée d’énervés ? (S’ils sont 800, c’est le bout du monde). Tout de même. D’abord, ils font honte. Et bien trop de bruit. Surtout, ils se trompent complètement de combat.
Leur logique d’affrontement ethnico-religieuse est une erreur stratégique majeure. Son seul résultat est de rejeter chacun
dans son propre camp et donc de renforcer ceux que l’on prétend vaincre. La ligne de front passe ailleurs : entre l’ensemble des modérés et la totalité des intégristes.
Mollahs, imams, rabbins, prédicateurs… tous ces hérauts autoproclamés du fascisme religieux haïssent de la même façon les mêmes ennemis : la démocratie, la liberté de pensée, la tolérance, les femmes… Quitte, s’ils l’emportent, à régler ensuite les comptes entre leur Dieu unique et Celui des autres.
Oui, il faut certainement combattre les intégristes. Mais pas ceux des autres. Commençons par ceux de notre propre camp. Que chacun mette au pas ses cinglés et la démocratie sera bien gardée…
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