Raphael Szmir est de ces jeunes qui se bougent pour atteindre leur idéal. De Bruxelles à Hô-Chi-Minh-Ville, en passant par Paris, Madrid, Medellín ou Chiang Maï, le fondateur du site AnneesSabbatiques.com n’a jamais été freiné par la distance, au contraire. Portrait d’un « Digital Nomad », qui croit en la liberté.
A 23 ans, Raphael Szmir a cette motivation et cet enthousiasme qui vous donnent envie de le suivre. Qui lui ont permis d’ailleurs de rapidement décoller, avec un projet original de plateforme dédiée aux années sabbatiques et projets à l’étranger… Mais avant de se tourner vers les autres, c’est au sein de la communauté juive de Bruxelles qu’il grandit et évolue. Scolarisé à l’école Beth Aviv, puis à l’athénée Ganenou, il fréquente dès l’âge de 6 ans l’Hashomer Hatzaïr, où il se qualifie de « super actif ». « J’aimais y prendre des respon-sabilités et j’avais lancé une cellule marketing et communication au sein de notre équipe madrihim. Il fallait jongler avec toute une série d’occupations, tout en étant efficace. Sans le savoir, je m’y suis formé à ce que je fais aujourd’hui », sourit-il.
Baigné dans un milieu juif ashkénaze, « plus culturel que pratiquant », celui qui considérait le mouvement de jeunesse comme sa vie va, après ses secondaires, partir pour une année sabbatique en Australie. « Ce sont mes parents qui me l’ont proposé », se souvient Raphael. « Objectif : me faire sortir de mon cocon bruxellois, tout en perfectionnant mon anglais. En réalité, c’est là que ma vie a commencé ! ». Après avoir pris des cours de langues et fait du volontariat, Raphael fera des jobs de saison pour financer ses voyages à travers le pays : il sera successivement homme de chambre dans un casino, ouvrier et cueilleur de fruits, apprenant en même temps la valeur des choses. « J’ai découvert le monde et j’ai réalisé qu’il ne fallait pas nécessairement connaitre des gens pour se faire des amis, pour concrétiser des projets. Que les choses pouvaient bien se passer, même sans avoir été planifiées. Et que j’avais une passion pour les langues et la rencontre de l’autre ! »
Le Trip Advisor des projets à l’étranger
Cette année passée en Australie brisera aussi les barrières qu’il s’était imaginées, notamment géographiques, rendant soudain tout projet possible à ses yeux. Raphael suivra trois années d’études en Business Management et Communication dans une université anglaise. « Sachant que je voulais gérer mes propres projets dans le secteur du développement personnel et de l’éducation à travers les expériences à l’étranger, je me suis lancé dans le monde du travail », poursuit Raphael. Une agence de communication digitale en pleine expansion, qui l’a engagé pour six mois, lui propose de rejoindre ses bureaux à Londres, mais il refuse l’offre pourtant alléchante, visant plutôt un travail free-lance. « Je voulais être libre de mon lieu de travail et de mon temps, ne pas être esclave de mes clients », insiste le jeune entrepreneur, qui choisit de partir pour l’Amérique latine, où il restera sept mois, en Equateur et en Colombie, et en particulier à Medellín, réputée pour son foisonnement de start-up. Après un nouveau retour en Europe, auquel tient ce jeune homme qui adore Bruxelles, la culture belge et les retrouvailles en famille, il s’envole pour sept mois en Asie du Sud Est, se partageant entre Hô-Chi-Minh-Ville au Vietnam et Chiang Maï en Thaïlande. « J’y côtoie grâce au système du coworking d’autres entrepreneurs qui ont la même vision du travail que moi, qui privilégient le résultat d’un projet et le respect des délais, et non le fait de devoir faire à tout prix du 9h-17h dans un bureau. Des “digital nomads” ou “location independent entrepreneurs” qui me ressemblent et tentent de voir comment la société sera dans dix, vingt ans. Ici, on a tendance à vouloir mettre les gens dans une case. Personnellement, je suis dans 15 cases à la fois ! ».
Son voyage de 1.700 km à moto à travers le Vietnam, non plus, ne l’aura pas empêché d’être productif. Lancé il y a un peu plus d’un an, et aidé par plusieurs personnes dont son ancien haver Ariel Renous, son site AnneesSabbatiques.com, en plein développement, devrait être rentable en mars 2017. « Je suis parti de plusieurs constats suite à ma propre expérience à l’étranger », explique Raphael. « Cours de langues, projets de volontariat, programmes de seconde rhéto, stages, programmes au pair, etc., les possibilités offertes aux jeunes peuvent constituer une alternative réelle au parcours éducatif traditionnel. Le problème est souvent de savoir quel programme est le plus adapté en fonction de ses objectifs, de s’y retrouver dans toutes les offres, et de ne pas se faire avoir. Notre plateforme centralise toutes les offres pour simplifier la prise de décision du jeune, avec en outre la possibilité de lire les commentaires de jeunes qui auraient déjà suivi une expérience similaire. Nous construisons le Trip Advisor des projets à l’étranger ! » Le site propose déjà de nombreux articles de fond pour orienter le jeune et répondre à ses questions souvent nombreuses. Il permettra bientôt d’y encoder son âge, la destination souhaitée et son objectif, pour recevoir en retour les projets répondant le mieux à sa demande. Un outil très attendu, semble-t-il, au vu de la fréquentation actuelle du site, avec déjà quelque 25.000 visiteurs par mois !
En attendant, Raphael assure ses fins de mois comme free-lance pour une société américaine dans le domaine du voyage, qui partage le même point commun de ne pas avoir de bureau. Lundi prochain, comme chaque lundi, à Bruxelles, Hô-Chi-Minh-Ville, un jour peut-être à Tel-Aviv, il fera le point, en examinant les critères de sa vie idéale. « J’écris mes rêves sur papier, sans me fixer de barrières pour visualiser la vie que je veux mener. Mon travail est là pour m’aider à atteindre ces rêves ».
]]>