Du 1er janvier au 21 décembre 2012, 80 signalements antisémites ont été recensés en Belgique par le site Antisémitisme.be, soit 15 actes de plus qu’en 2011. Dans le rapport annuel 2012 qu’il vient de publier cet été, ce site propose également une analyse précise de ces incidents.
Sur 80 incidents antisémites commis en Belgique en 2012, Antisémitisme.be distingue cinq catégories distinctes. Il relève 5 agressions, 6 menaces, 13 dégradations (vandalisme), 26 signalements idéologiques et 30 signalements sur internet.
Le type d’incidents « idéologiques » mérite une explication car lorsqu’il est question d’antisémitisme, l’idéologie fait rarement défaut. Selon Antisémitisme.be, « les signalements idéologiques sont majoritairement des actes verbaux relatant la domination des Juifs, Israël ou simplement appelant à annihiler les Juifs ».
Personne ne s’étonnera que ce soit sur internet que le nombre d’incidents antisémites est le plus élevé, avec 30 signalements. « Ces données doivent être relativisées dans la mesure où la spécificité d’internet implique un nombre important de débordements du fait de l’anonymat derrière lequel les internautes se cachent. Ces derniers peuvent donc plus facilement se lâcher », précisent justement les auteurs du rapport annuel.
On pourrait même s’attendre à un nombre plus élevé de signalements antisémites sur la toile, mais les auteurs du rapport ont le mérite de prendre en considération les particularités d’internet : « Il est évidemment impossible de disposer des données exactes sur le nombre de propos antisémites diffusés via internet. Nous pourrions passer notre temps sur les sites internet belges et dénoncer tous les débordements, mais l’objectif n’est pas de faire évoluer la statistique de manière exponentielle. Les signalements retenus reflètent la tendance générale ».
L’anonymat saute aux yeux : 18 des signalements retenus pour la catégorie internet proviennent des forums des journaux (quotidiens et hebdomadaires) en ligne. Antisémitisme.be constate à cet égard que le temps de réaction des modérateurs est trop lent.
Les réseaux sociaux, où il est également facile d’exprimer sa haine, sont également touchés par les débordements antisémites : 8 signalements.
En guise de conclusion, les auteurs du rapport estiment que l’importation du conflit israélo-palestinien occupe une place très importante dans la diffusion de l’antisémitisme en Belgique : « Cette importation est le plus souvent consécutive à des actes perpétrés par des jeunes d’origine arabo-musulmane qui assimilent Israéliens à Juifs et accusent la communauté juive de complicité avec Israël. Il est à préciser que cette importation n’est pas le seul fait de cette catégorie de la population ». Cette dernière précision est importante en raison du nombre élevé d’incidents relevé sur internet où l’anonymat est de mise.
Les organisations de gauche et d’extrême gauche sont également pointées du doigt par le rapport 2012 pour leur propagande antisioniste et leur délégitimation d’Israël. Pourtant, des incidents antisémites parfois très violents renvoient à des préjugés antisémites classiques dont Israël ou le sionisme est absent.
Les auteurs se focalisent aussi sur les signalements idéologiques mettant en cause la légitimité d’Israël comme Etat juif. Si dans nombre de cas, ces attaques contiennent une charge antisémite incontestable, il faut toutefois ne pas systématiquement assimiler à de l’antisémitisme la moindre critique de la politique menée par Israël. Un travers dans lequel certains tombent parfois.
Ce rapport, rédigé par une équipe travaillant en collaboration étroite avec le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, est une source précieuse en raison de la liste complète des incidents relevés tout au long de l’année 2012. Il doit être lu et analysé.
*Le rapport est disponible sur www.antisemitisme.be
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