Réaction du Président du Foyer culturel juif de Liège à la réponse d’Elio Di Rupo

Suite aux propos (Je suis Palestinien) d’Elio Di Rupo prononcés à l’occasion de la présentation des propositions PS relatives à la lutte contre le terrorisme et le radicalisme, le Président du Foyer culturel juif de Liège avait réagi en lui adressant une lettre ouverte dans laquelle il exprimait son malaise. La réponse d’Elio Di Rupo ne l’a pas complètement rassuré. 

Monsieur le Président,

Je vous remercie pour votre envoi, mais il ne répond pas à ma question et n’est de nature qu’à me rassurer très partiellement.

Vos discours précédents (Kazern Dossin, dîner CCOJB, Auschwitz, votre dernier communiqué de presse) sont sans ambiguïté. Mais comment comprendre ensuite le fait que vous vous déclariez « palestinien » au moment où l’on tue des Juifs, parce qu’ils sont juifs à Paris, Bruxelles et Toulouse? 

Ce qui me choque et m’indigne, c’est que la référence à « Palestinien » dans votre citation « je suis Charlie, je suis Juif, je suis Palestinien, je suis une victime de Boko Haram, je suis victime de tous les actes de violence et de haine » induit une dualité « Palestiniens-Israéliens » mise sur le même pied que les victimes et les massacreurs de Boko Haram, les Juifs et les assassins antisémites, les victimes de Charlie-Hebdo et leurs tueurs djihadistes. Les Israéliens sont donc assimilés dans votre citation à ces fanatiques assassins, violeurs et massacreurs sans pitié. Ce n’est pas la défense des droits des Palestiniens et le regret de leurs souffrances qui posent problème, mais l’injuste accusation qui découle de votre texte contre les Israéliens assimilés aux pires monstres de notre époque.

Ne vous rendiez-vous pas compte, Monsieur le Président, qu’en vous déclarant « Palestinien » dans le contexte d’assassinats antisémites d’un islamiste, vous  cautionniez aussi le raisonnement de Mohamed Merah et d’Amédy Coulibaly qui, eux aussi, se référaient à la « cause palestinienne » pour justifier leurs abominations? Ne pensez-vous pas qu’il conviendrait de mettre fin à ces accusations infamantes et indignes pour la communauté juive en corrigeant cette grave erreur de discours.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en mes meilleurs sentiments

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