Près de sept années après son passage à la couleur, Regards change de maquette et de style. Une ligne éditoriale élargie à de nouveaux collaborateurs et de nouvelles rubriques. Un confort de lecture accru. Des articles plus dynamiques. Autant d’éléments que nous avons souhaité introduire dans cette nouvelle formule de Regards, qui reste cependant animé par les mêmes préoccupations.
La lutte contre toutes les formes de communautarisme et l’inscription de l’identité communautaire au coeur de la citoyenneté et de la rencontre avec l’Autre constituent probablement aujourd’hui, en Belgique, les lieux d’investissement les plus importants. Le besoin de reliance sociale est d’autant plus nécessaire que la propension au repli sur soi ne cesse de gagner du terrain. Or, la perpétuation d’une mémoire communautaire vivante et alerte, telle que nous l’entendons, n’a de sens que si elle permet, en assumant pleinement qui nous sommes, de mieux nous inscrire dans le vivre-ensemble, dans la vie de la Cité. Ce droit à la différence subordonné à l’engagement citoyen -qui invite à considérer l’Autre comme son égal, son semblable, quelles que soient ses différences légitimes- fonde un dialogue permanent avec la société qui donne à Regards sa force et sa raison d’être.
C’est ce principe d’ouverture qui guide également notre propos sur le Proche-Orient. Notre attachement indéfectible à Israël ne peut être dissocié de notre détermination à voir cesser l’occupation et à plaider, à notre modeste niveau, au rapprochement des positions israéliennes et palestiniennes, au droit à la sécurité d’Israël et à l’existence, à ses côtés, d’un Etat pour les Palestiniens, viable et respectueux de leur aspiration nationale dans les frontières de 1967.
C’est ce même principe d’ouverture qui motive notre combat pour la laïcité. Celle-ci ne signifie pas seulement la coexistence pacifique des religions, renvoyées dans la sphère privée, mais elle garantit la neutralité des institutions de l’Etat et, surtout, extrait l’espace public de toute influence confessionnelle. En ce sens, la laïcité n’est pas un courant de pensée comparable aux cultes. Elle est, au contraire, la matrice et l’espace qui déterminent les limites des champs religieux dans la Cité, qui rendent la vie en société possible et garantissent pour tous l’égalité des droits et la liberté de conviction.
Ce travail, cette résonance de notre identité propre avec la société se décline dans nos colonnes au travers de nombreuses thématiques : soutien à la mixité des genres, lutte contre les discriminations, les ostracismes sociaux, les enfermements idéologiques ou les intégrismes religieux, mais aussi dialogue interculturel, défense des liens de solidarité citoyenne, etc.
C’est également l’ambition de notre travail de perpétuation du souvenir de la Shoah et des génocides ayant frappé les Arméniens et les Tutsi : cette mémoire de la barbarie cesse d’appartenir exclusivement aux survivants pour devenir le patrimoine et la mémoire commune de l’Humanité, le symbole de la pire des dérives possibles qui peut frapper à tout moment. Aussi, sortir de nos cercles d’appartenance respectifs pour s’approcher de l’universel, prendre le souci de l’Autre comme s’il était nôtre, demeurer un lieu de débats et de rencontres, dans le respect des différences, mais dans la recherche d’une communauté de valeurs qui nous rassemblent, voilà ce qui caractérise profondément Regards et qui continuera de nous animer.
Je tiens à remercier très chaleureusement, au nom du CCLJ et de la Rédaction, les nombreuses personnes qui ont rendu possible la réalisation de cette nouvelle formule. Je renouvelle également mes plus vifs remerciements à Alain Steinberg et Corinne Guichart, de Page in Extremis, pour notre longue et belle collaboration qui s’achève.
N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions. Bonnes vacances.