Richard Guez : ‘L’Athénée Maimonide a besoin de vous !’

Membre du conseil d’administration de l’Athénée Maimonide et du comité des parents, papa de deux élèves de 11 et 14 ans, Richard Guez poursuit la campagne de sensibilisation lancée par son école il y a deux semaines pour sortir de l’impasse actuelle. Son mot d’ordre : Mobilisons-nous !

Des chiffres assez inquiétants sont sortis dans la presse, évoquant près de six millions de dettes de votre établissement. Comment en est-on arrivé là ?

La fréquentation de l’école a fortement baissé ces dernières années. Maimonide compte aujourd’hui 150 élèves, de la crèche à la rhéto. Moins on a d’élèves, moins on reçoit d’interventions de l’Etat, mais qu’on soit 8 par classe ou 24, les frais fixes restent les mêmes ! Ce sont donc les parents, les institutions communautaires et les donateurs qui nous aident à combler ce qui manque. Beaucoup attribuent cette baisse de fréquentation au quartier qui a changé. En même temps, c’est ce quartier qui a été choisi par un des hôtels les plus luxueux de Belgique et par une grande galerie d’art qui vient d’ouvrir, sans parler des nombreux projets de rénovation du côté de la gare du Midi. Quand nous sommes arrivés boulevard Poincarré, personne ne pouvait projeter la migration vers d’autres communes de tous les commerçants juifs et autres personnalités de la communauté. C’est vrai que ce n’est plus le point d’ancrage de la communauté, comme ce l’était auparavant. Maintenant, les chiffres cités sont farfelus. Comme n’importe qui le ferait pour une maison, nous remboursons l’emprunt que nous avons contracté pour construire le bâtiment dans lequel nous sommes. Notre priorité aujourd’hui, c’est l’arriéré que l’ONSS nous réclame pour la fin janvier. Faute d’apporter quelque chose de concret sur la table, nous risquons de mettre en péril la continuité de la prochaine année scolaire.

On a parlé un moment d’un déménagement dans les locaux du Lycée Molière, à Uccle, d’autres ont évoqué une fusion avec Ganenou…, c’est vrai que votre bâtiment est très grand proportionnellement au nombre d’élèves ?

Nous ne tenons pas à tout prix à garder notre bâtiment. Si nous y sommes « attachés », c’est plutôt parce que tant les classes, que le réfectoire, la salle de spectacle ou la salle de gym sont parfaits. Nous nous rendons compte de la qualité de notre infrastructure et bouger n’est pas si facile. Nous travaillons néanmoins chaque jour au repositionnement géographique de l’école. La situation du Lycée Molière était idéale, mais la configuration des locaux ne nous convenait pas du tout. Quant à une fusion avec Ganenou, il faut plutôt se demander si l’identité des deux écoles coïncide. Je ne pense pas que ce soit le cas.

Qu’en est-il du projet pédagogique ? Ne souffre-t-il pas du manque d’élèves ?

Notre projet reste celui de l’immersion linguistique, dès la 3e maternelle. Quel parent ne rêverait-il pas de pouvoir offrir à ses enfants des cours avec 6 élèves par classe ? Et même si notre population double, ce que nous estimons possible pour atteindre 300-350 élèves, cela ferait 12 élèves par classe, ce qui est une vraie chance. Le niveau de l’école est resté très bon. Deux élèves étaient partis en 5e primaire pour Ganenou, ils sont arrivés premiers au CEB en français et en mathématique pour toute la commune d’Uccle ! Grâce au petit nombre d’élèves, les professeurs avancent en connaissant exactement leurs points forts et leurs faiblesses, pour les suivre de la meilleure manière. Pour ce qui est de la sociabilisation des enfants, qu’attend-on d’une école ? Qu’elle apporte une éducation solide, aussi bien dans la culture générale juive que dans les matières classiques. C’est ce que nous offrons. Beaucoup d’élèves font des activités extrascolaires, dans les mouvements de jeunesse, les clubs de sports, etc. qui leur apportent d’autres contacts. On remarque que la relation humaine et les liens créés à Maimonide sont souvent très forts, et que dans presque chaque bar-mitzva, une bougie est allumée pour les copains de Maimo.

Certaines écoles ferment pour un ou deux élèves qui leur manquent, pensez-vous bénéficier d’une faveur ?

Les parents de ces écoles ont des alternatives, nous n’en avons pas malheureusement, à part aller à Anvers. Aujourd’hui, nous envisageons toutes les options pour faire changer les choses. Nous avons pensé à des navettes pour résoudre le problème de distance avec le lieu de résidence de certaines familles… En apprenant que le Cercle Ben Gourion devait quitter ses locaux, nous leur avons aussi proposé de les accueillir, avec Radio Judaïca et le Dror. L’invitation reste ouverte…

Vous restez positif ?

Absolument. Toutes les manifestations de soutien, les relais de la lettre que nous avons publiée sur Facebook, les interviews dans les médias, à la radio nous montrent que nous avons toutes les chances d’y croire. Les enfants aussi participent et se mobilisent pour ne pas que leur école ferme. Quand on me dit qu’on est dans les difficultés depuis vingt ans, je réponds qu’en vingt ans, 333 élèves sont sortis de rhéto pour souvent bien réussir, ce qui n’est pas rien. Maintenant, les marques de sympathie ne suffisent pas, nous avons besoin d’un vrai soutien financier. Si nous sommes d’obédiences différentes, nous sommes tous juifs et nous formons un tout par nos différences. Il y a de la place pour toutes les écoles juives qui existent aujourd’hui, sans que l’une existe au détriment de l’autre.

Infos : page Facebook ou cerouaux@hotmail.com

Lire aussi notre article ‘Maimo demain’, pour que vive Maimonide (13/6/2013)

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