Dieudonné n’est pas le seul à avoir des ennuis avec la justice*. Ces deux derniers mois, son « maître à penser », Alain Soral est passé trois fois devant au tribunal. Bilan : deux condamnations en attendant la 3ème. Résumé de la carrière de celui qui se définit comme un « national-socialiste à la française »
S’il est moins connu que son alter ego Dieudonné, Alain Soral est tout aussi violent et raciste que lui. A preuve, il a été condamné ce 7 octobre à verser 3.000 € de dommages et intérêts au journaliste Frédéric Haziza pour « provocation à la haine »
Dans une vidéo sur Internet, Soral avait décrit F. Haziza comme « un journaliste issu de la communauté dont on n’a pas le droit de parler qui occupe… oui c’est le mot… il s’agit d’occupation… à peu près la totalité de la super structure idéologique de la France »
Des propos que la Cour d’appel à considéré comme relevant de « l’antisémitisme le plus stéréotypé ». De même a-t-il été condamné le 9 septembre à 3.000 € d’amende pour avoir, lancé un appel aux dons pour payer… ses condamnations précédentes, ce qui est illégal.
Comme son ami Dieudonné, qui avait agi (et été condamné de même), il avait tenté ainsi de faire payer par ses fidèles les 35.000 € d’amendes qui lui avaient été infligées, entre autres, pour diffamation à l’égard du maire de Paris, Bertrand Delanoë.
Enfin, il s’est retrouvé le 1er octobre devant le tribunal de Paris pour « injures raciales » et « harcèlement » contre Binti Bangoura, mannequin et chanteuse d’origine camerounaise**. Le polémiste, qui affirme être aussi un grand séducteur, avait entamé mi 2014, un flirt virtuel avec elle.
Discussions par Skype, par e-mails, échange de photos « osées », tout allait bien jusqu’à ce qu’il réclame de « conclure », comme disent « Les bronzés ». Refus de la jeune femme qui reçoit alors une série de SMS dont le plus poli affirme :
« Finalement il ne te reste de sûr que les juifs et les pédés ! Les pédés comme amis pour t’écouter chialer que ton destin c’est d’être une pute à juifs. ». Suivent des menaces, une page Facebook montrant les fameuses photos, des violations de ses données informatiques.
Devant les juges, Soral assume mais évoque… une «tentative de manipulation crapulo-sioniste ». Comme on le voit, il ne hait pas que les Juifs, Soral. Il déteste aussi les femmes (camerounaises ou non), surtout, on s’en doute les féministes.
Citation : « Du fait de ses dispositions biologiques et mentales, la femme s’avère moins apte que l’homme à penser ». Et donc à s’exprimer avec clarté : « Une femme qui dit « non » est une femme qui dit « peut-être » et qu’une femme qui dit « peut-être » est une femme qui dit « oui. »
« Sale juif, les goys redressent la tête !»
Haine aussi des « fiottes », des « tantouzes », des « invertis » et autres « sodomites »: « Si les gays continuent à se multiplier, ils risquent de mettre en danger la survie même du monde occidental ».
Mais également des Roms (« pire racaille que l’humanité ait porté »), des Gitans (« braqueurs réputés pour leur goût du sang ») et, qui sait pourquoi, des Ukrainien(ne)s : « Putes ukrainiennes, c’est un pléonasme ».
Et, bien qu’il se proclame « arabophile » et déclarer vouloir les réconcilier avec les « vrais Français », il n’apprécie pas davantage les Arabes, évoque « le tempérament vicieux de l’Arabo-berbère » ou le « petit sourire du raton fouteur de merde ».
En fait, depuis qu’il a disjoncté en 2001, après l’échec d’un de ses films « rejeté par les pédés et les feujs qui tiennent le cinéma », Soral déteste à peu près tout le monde : les communistes chez qui il a fait un passage éclair. Comme Mais les dirigeants du Front National.
Il y est resté de 2005 à 2009 avant de le quitter parce que le parti n’était pas assez antisémite à son goût. Il a d’ailleurs été condamné à 2.000 € d’amende pour avoir traité le vice-Président du FN, Louis Alliot de de «saloperie», de «crétin» et de «suceur de sionistes».
Soral ne s’entend guère mieux avec ses amis actuels, ceux de la mouvance Dieudonné. S’il ne s’attaque pas directement à ce dernier, il en pleine polémique avec sa compagne, Noémie Montagne pour de sombres histoires de droit d’auteur.
De même s’est-il fâché avec l’ex-député belge Laurent Louis***, un grand ami pourtant, avec qui il a multiplié les « quenelles », qu’il a soutenu durant sa campagne électorale et dont il prédit à présent « qu’il a peut être un avenir politique en Mongolie ». Une question d’argent comme souvent.
Après cela, on ne s’étonnera pas qu’il soit en froid avec sa propre famille qu’il ne fréquente plus depuis des décennies et spécialement sa sœur, l’actrice Agnès Soral, qui dans une autobiographie parue en 2014, expliquait :
« Par Alain, le nom « Soral » est devenu un adjectif pour désigner la haine et une idéologie que je ne partage pas (…) Symboliquement, il me tue ! Vous auriez envie de vous appeler « Agnès Hitler », vous ? »
Réplique du frère : « Ma sœur est le genre de femme qui aurait été tondue à la Libération ». Ambiance… On pourrait multiplier ce genre d’histoires mais le mieux, si l’on veut en savoir davantage sur A. Soral est de compulser cet excellent livre :
« Le système Soral, enquête sur un facho business » (Calmann-Lévy. 2015) rédigé par l’équipe de l’excellent site « StreetPress »****. Dernière anecdote : quelques jours après la parution, Marc Grinsztajn, qui s’était occupé de son édition a été attaqué par un néo-nazi au cri de « Sale juif, les goys redressent la tête »…
*http://www.cclj.be/actu/politique-societe/six-mois-prison-ferme-requis-contre-dieudonne
** http://www.cclj.be/actu/politique-societe/faites-passer-alain-soral-petit-zizi
**** http://www.streetpress.com/
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