Santo Franco nous a quittés

C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Santo Franco. Militant actif du CCLJ dont il fut administrateur et vice-président, il a accompagné le CCLJ dans tous ses combats politiques depuis le début des années 1980.

Dans la promotion immobilière depuis l’âge de 30 ans, passé de la construction à l’investissement puis à la gestion de biens, Santo Franco appartient à cette catégorie précieuse de Juifs ayant choisi de s’impliquer activement dans la vie juive communautaire. « J’ai commencé en 1982, choqué par les bombardements au Liban » se souvient-il. Alors que Regards, hebdomadaire pendant un an, rencontre quelques difficultés, Santo s’est porté candidat pour relancer le magazine. Il restera le président du comité « gestion et finances » pendant dix ans, et deviendra dès 1985 le vice-président du CCLJ pour une quinzaine d’années.

Ce dont il était le plus fier fut évidemment la construction des nouveaux bâtiments du CCLJ dont il assura la supervision de 1992 à 2002.

De son militantisme au CCLJ, il dressait un bilan des plus positifs : « Je suis heureux d’avoir aidé Regards à poursuivre ses activités, et d’avoir permis ensuite au CCLJ de se stabiliser grâce à des bâtiments qui l’ont ancré dans le futur ».

Après avoir quitté le conseil d’administration, il se disait « satisfait de voir des jeunes prendre la relève ». Mais Santo n’a jamais quitté le CCLJ. Il a d’ailleurs fait partie du comité d’organisation du 50e anniversaire et a continué de prêter main forte lorsqu’on le sollicitait. Sincère, il confiait à Regards que militer au CCLJ est un « sacerdoce, dont on a du mal à sortir ».

Au sein du conseil d’administration, Santo Franco avait une particularité que personne n’ignorait : c’était un Juif de Rhodes. Son père avait quitté cette île de Méditerranée orientale en 1923 pour s’installer au Congo où Santo est né. Non sans humour, il se plaisait à rappeler qu’il était l’alibi séfarade du CCLJ où tous les administrateurs étaient ashkénazes. Mais en partie grâce à lui, le public du CCLJ a appris à mieux connaître les Juifs de Rhodes à travers de nombreuses activités (conférences, expositions et voyages) auxquelles il participait activement. Et à chaque fois que le président de l’Institut séfarade européen, Moïse Rahmani, publiait un livre sur cette communauté juive, Santo Franco acceptait volontiers de modérer la conférence.

Comme l’a souligné son ami Henri Gutman, ancien président du CCLJ, Santo était « un homme aimant, chaleureux, généreux, entreprenant, combatif et optimiste ».

Le conseil d’administration du CCLJ et la rédaction de Regards présentent à sa femme Nouchka, sa fille Sandra, son fils Dan, ses petits-enfants, sa famille et ses proches, leurs plus sincères condoléances.

]]>