Sarah Netanyahou, la femme qu’Israël aime détester

Selon le magazine Forbes, l’épouse de Benjamin Netanyahou, Sarah, est la femme la plus puissante d’Israël. Pour la plupart des Israéliens, c’est loin d’être une bonne nouvelle

 

« Hystérique », « vindicative », « autoritaire », « jalouse », « brutale », méprisante »…  bref, une « virago  insensible » sujette à des « troubles du comportement ». Tel est le portrait que les médias dressent de Sarah Netanyahou depuis près d’un quart de siècle.

Cela a commencé dès 1996, quelques mois après que son « Bibi » soit venu au pouvoir pour la 1èrefois, lorsqu’elle a renvoyé la bonne des enfants, coupable d’avoir raté un plat. La précédente s’était  enfuie après avoir travaillé une semaine sous ses ordres…

Rebelote en 2009, lorsque B Netanyahou revient aux affaires : cette fois, elle vire un jardinier. Il est en place depuis 18 ans, c’est un homme âgé, il a perdu un fils à la guerre mais elle n’aime pas sa manière de travailler.

L’année suivante, une femme de ménage lui intente un procès aux prud’hommes. Elle se plaint d’avoir été traitée comme une esclave : sous-payée, corvéable à merci, pas de repos le shabbat, aux ordres d’une obsédée de la propreté « ou plutôt de la stérilité »

Sarah B. s’en tire en lui versant 4.000 euros pour qu’elle renonce à sa plainte. En 2011, l’aide-soignante népalaise qui s’occupe du père malade de la « Première Dame » l’accuse de l’avoir frappée et menacée …

Soit. N’importe quel possesseur d’une Rolex vous dira qu’on ne trouve plus de bon personnel de nos jours. Mais Sarah B. a un autre petit défaut : elle est d’une jalousie maladive. Il est vrai que son mari a la réputation de pouvoir résister à tout sauf aux tentations…

Cela a même failli lui coûter sa carrière : en 1993, alors qu’il est candidat à la direction du Likoud, sa femme apprend qu’il la trompe et menace de faire un scandale. Pour désamorcer la crise, « Bibi » fonce à la télévision et confesse sa faute, sa grande faute à tout Israël…

Depuis, elle ne quitte plus son mari d’une semelle, sans être rassurée pour autant. Ainsi en  juin 1997, a-t-elle une dispute homérique (et téléphonique) avec Limor Livnat, alors ministre des Communications, qu’elle suspecte d’entretenir une relation avec son mari

Celle-ci appelle en demandant à parler au 1er Ministre. Refus de Sarah (c’est shabbat). Remarques aigres, insultes, téléphones raccrochés avec violence. Un peu plus tard, Benjamin donne un coup de fil à Limor pour s’excuser…

Du coup, on commence à comparer Sarah B. à Elena Ceausescu, l’épouse du dictateur qui régna sur la Roumanie de 1965 à 1989. Une harpie qui adorait le pouvoir, l’apparat et les vrais-faux diplômes universitaires.

« Elle se mêle de tout, elle nous rend fous».

Or, selon une rumeur persistante, Sarah se serait beaucoup « inspirée » des travaux d’une autre étudiante pour rédiger sa thèse de docteur en psychologie. Au point que le recteur aurait refusé de lui remettre en personne son diplôme… qu’elle a reçu des mains de son mari.

Tout cela, qui relève de la sphère privée, pourrait n’avoir qu’une importance relative. Mais Sarah B. se mêle aussi de politique. Elle fourre son nez dans les nominations. Elle intervient dans les alliances électorales. Elle relit les discours de son époux. Elle modifie son agenda.

Au point que, début 2011, des employés du 1erMinistre ont piqué leur crise et l’ont accusée de semer la pagaille dans les affaires de l’Etat : «Elle se mêle de  tout, elle nous rend fous». Et il est de notoriété publique qu’elle a causé le départ de plusieurs collaborateurs importants de son mari.

Comme celui de Naftali Bennett, chef de cabinet de Netanyahou entre 2006 et 2008. Suite à quoi, celui-ci a pris la tête du parti Habayit HaYehudi  et fait perdre une dizaine de sièges au Likoud lors des dernières élections…

Ce sont surtout ces manières « à l’américaine » qui énervent  les Israéliens: la tradition veut que les « premières dames » restent dans l’ombre. Comme Shulamit Shamir, Sonia Pérès ou même Léah Rabin, avant l’assassinat de son mari.

Pour beaucoup, Sarah Netanyahou n’a donc que ce qu’elle mérite : si elle ne voulait pas que la presse s’intéresse à ce qu’elle fait, elle n’avait qu’à ne pas s’exposer. A ce stade, impossible d’imposer silence au macho qui dort en tout homme :

« Et le Bibi, il ne peut pas la calmer un peu, sa nana? » suggère-t-il d’une voix forte. Ben non, visiblement. « C’est-y parce qu’il en est raide bleu ? » Pas davantage. Selon des proches de B Netanyahou, il ne l’a épousée que parce qu’elle était enceinte de leur 1erenfant.

D’après les mêmes, il s’en serait bien séparé par la suite mais un 3ème  divorce aurait été mauvais pour son image. La triste réalité semble donc être que le puissant et intransigeant Premier Ministre de l’Etat d’Israël file doux devant son épouse.

C’est ce qu’affirme sans mâcher ses mots Nahum Barnéa, éditorialiste-vedette du quotidien Yediot Aharonoth : « Benjamin Netanyahou ne craint pas les menaces du président iranien Ahmadinedjad mais il est mort de trouille devant sa femme »

Israël continuera donc à détester avec passion Sarah Netanyahou et là aussi, son mari sera impuissant. Le mieux qu’il pourra faire, c’est continuer à supplier les médias de « laisser Sarah tranquille »  En expliquant que c’est grâce à elle qu’il est devenu un homme « meilleur et plus sensible »…

 

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