Sarina Cohn : un talent, une force de caractère

Peut-être avez-vous vu Sarina Cohn chanter lors des fêtes de la musique juive ou de la sélection de l’Eurovision l’an dernier ? A 17 ans, la jeune Bruxelloise force le respect : malvoyante de naissance, désormais totalement aveugle… son handicap ne l’empêche de poursuivre ni ses études, ni sa passion pour la musique ! Elle compose et interprète depuis cinq ans des balades au piano, qu’elle accompagne de sa voix, et parfois de sa guitare.

« C’est ma grand-mère qui m’a appris à jouer du piano quand j’étais petite. J’ai commencé à composer à 12 ans, parce que j’avais besoin d’exprimer des choses qui me tenaient à cœur. Ce besoin s’est amplifié lorsque, en septembre 2010, j’ai été plongée dans le noir total », confie Sarina. Un coup dur pour la jeune fille, mais pas une raison pour baisser les bras. Avec « Rien en apparence », une chanson de sa composition, Sarina Cohn a failli remporter la finale télévisée de la sélection belge de l’Eurovision 2011. Le 10 janvier dernier, une importante chaîne de télévision israélienne diffusait un court reportage sur la jeune chanteuse belgo-israélienne. « Faire de la télé n’est pas mon but premier », reconnaît Sarina. « Mais quand on fait quelque chose qu’on aime, le plaisir de partager sa passion passe avant le trac qu’on peut ressentir devant les caméras ».

Confiante

Enfant, Sarina a vécu en Israël, avant que sa famille ne vienne s’installer en Belgique. « J’aime beaucoup Israël, je pense peut-être m’y installer plus tard. Cela explique ma facilité à chanter aussi bien en français qu’en hébreu », explique Sarina, qui apprend également le néerlandais, l’anglais, l’italien et le japonais !

En 2010, sa troisième place au concours Music Live lui permet de participer à un festival en Norvège où elle rencontre des jeunes talents aux horizons musicaux divers. La jeune fille, dont la formation musicale est essentiellement classique, y puise une source d’inspiration nouvelle. Le répertoire déjà fourni de ses chansons comporte beaucoup de balades au piano, mais Sarina interprète aussi des airs du répertoire lyrique et des reprises d’artistes comme Shlomo Artzi ou Kate Bush, qu’elle affectionne particulièrement. Elle a aussi à son actif quelques duos d’exception. « Il y a encore une foule d’artistes avec lesquels j’aimerais collaborer, mais j’avoue que c’était génial de partager la scène avec de grandes chanteuses comme Noa ou Myriam Fuks… » raconte-t-elle, des étoiles dans la voix…

Sa formation musicale, Sarina compte bien la poursuivre l’an prochain au Conservatoire de Paris. Et entamer en parallèle des études de psychologie à l’Université de Louvain. « Les horaires sont parfaitement compatibles », assure-t-elle, confiante.

Pour l’heure, Sarina termine sa rhéto à l’athénée Ganenou, où l’équipe pédagogique s’est démenée depuis son inscription en maternelle pour rencontrer les demandes particulières de l’élève et de ses parents. Depuis quelques mois, Sarina se rend en classe accompagnée de Noga, sa chienne-guide qu’elle adore. Plus de concours musical à l’horizon, mais Sarina sera en concert à Anvers au mois de mars et dans un festival qui aura lieu à Mons en septembre. Affaire à suivre, sur le blog que la jeune fille tient régulièrement à jour : http://www.blogdesarina.net/

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