Tromper son conjoint est toujours risqué. Même sur un site dédié à l’adultère comme Ashley Madison. On dirait même plus : surtout sur un site dédié à l’adultère
Depuis sa fondation en 2001, le site « Ashley Madison » a connu un succès foudroyant pour atteindre en 2015 pas moins de 39 millions d’utilisateurs dans le monde et 124 millions de visiteurs par mois. Parmi lesquels, pas moins de 170.000 Israéliens.
Une réussite que son PDG, Noel Biderman, justifie par le fait qu’il s’agit du seul site dont le but unique est de tromper son conjoint. Ne dressez pas l’oreille, amis butineurs, la justice immanente a frappé en ce beau mois d’aout
Au point que la célèbre affiche d’Ashley Madison, une jeune femme, un doigt sur les lèvres promettant à la fois délices coquines et secret absolu, est sans doute devenue la plus mensongère de l’histoire de la publicité, où c’est pourtant une pratique banale.
D’une part, le secret n’était pas si absolu que cela puisque des « hackers » ont alors mis en ligne les noms, adresses, n° de téléphone et préférences sexuelles de 32 millions de clients, lesquels, pour reprendre un titre de Libération, « se sont retrouvés à poil sur Internet ».
Moins grave (quoique), on a aussi appris que le mâle infidèle devait courir longtemps pour trouver sur le site avec qui tromper sa légitime : il y à peine 2% de femmes parmi les abonnés Quoi qu’il en soit, cette publication a ébranlé la planète entière.
Chaque pays a connu une vague d’altercations, de scandales, de divorces, de confessions publiques et même l’un ou l’autre suicide. S’il n’y a pas eu de morts en Israël, l’affaire a quand même fait les délices des médias israéliens.
Lesquels ont multiplié les débats entre sexologues, sociologues, partisans du poly-amour et tenants de la jusqu’ à-ce-que-la-mort-nous-sépare. Les Israéliens ont appris ceux qui envisageaient de tromper leur conjoint avaient en majorité entre 30 et 40 ans.
Et que ce désir était équitablement partagé entre les deux sexes. Même si, comme on l’a lu, les femmes ne voyaient pas trop l’utilité de passer par un site pour ce faire. Et bien sûr, les médias ont cherché s’il n’y avait pas matière à potins juteux parmi les abonnés israéliens.
La récolte a été assez maigre même s’ils ont déniché quelques 200 fonctionnaires, la plupart issus -Dieu sait pourquoi- des ministères de la Santé et de la Justice. Plus quelques célébrités mineures et tout de même un député, Taleb Abu Arar, de la Liste Arabe Unie (13 sièges).
Celui-ci a immédiatement porté plainte en jurant que sa messagerie avait été, elle aussi, hackée. Et il est loin d’être le seul : il est terrifiant, le nombre de malheureux, en Israël et ailleurs dont l’e-mail a été utilisé à l’insu de leur plein gré pour les inscrire sur le foutu site.
On notera aussi que les sites juifs qui adorent publier des listes de ceux « des nôtres » qui ont réussi ne reprennent pas Noël Biderman qui est pourtant un Ashkénaze canadien bon teint. Peut être parce qu’il a déclaré trouver les Dix Commandements « tout à fait dépassés » ?
Une partie des informations contenues dans ce texte proviennent d’un article de notre amie Danièle Kriegel dans Le Point : http://www.lepoint.fr/monde/piratage-d-ashley-madison-des-ministeres-au-simple-quidam-israel-n-est-pas-epargne-30-08-2015-1960360_24.php
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