On savait que le refus de travailler des hommes « haredim » (ultra-orthodoxes) faisait de cette communauté une des plus pauvres d’Israël et pesait de plus en plus lourdement sur l’économie du. Une tendance par des chiffres incontestables puisqu’émanant des haredim eux-mêmes*.
C’est la de radio ultra-orthodoxe « Kola Chai Radio » qui a commandé ce sondage** riche d’enseignements :
-54% des hommes ultra-orthodoxes refusent de travailler. Parmi les 46% qui occupent un emploi, 83% sont employés et 17% indépendants.
-76% des femmes ultra-orthodoxes ont un emploi ((57% sont salariées à plein temps, 31% travaillent à temps partiel et 12% sont indépendantes)
-Dans 42% des familles ultra-orthodoxes, la femme est la seule à travailler. Dans 34%, mari et épouse travaillent tous les deux. Dans 12% des cas, seul l’homme travaille et dans les 12% restant, l’un et l’autre ne font rien.
Combien cela leur rapporte-t-il ?
-16% des familles, (généralement nombreuses), disposent au maximum de 4.000 NIS (Nouveau Shekel israélien) soit 900 € par mois.
Cela alors que le seuil de pauvreté du pays est fixé à 2391 NIS (557€) par personne.
–47% des familles gagnent entre 4.000 et 8.000 NIS (1.800) par mois. Les revenus de 2/3 des ménages où l’homme et la femme ont un emploi sont donc inférieurs au salaire moyen d’un travailleur israélien fixé à près de 9.000 NIS (2.085 €)
Seul un tiers des ultra-orthodoxes dispose d’une rémunération « confortable » :
-27% des familles haredim ont un revenu situé entre 8.000 et 12.000 NIS (2.800 €)
-9% gagnent de 12.000 à 20.000 NIS (4.500 €) et 1% gagnent davantage
Le retour au pouvoir des partis haredim ne va pas améliorer cette situation : ayant à nouveau accès aux de l’État, ils vont à nouveau pouvoir inciter les hommes à étudier plutôt qu’à travailler, histoire de conserver un électorat aussi « captif » que docile.
D’autant, explique un article assez ancien du journal ultra-orthodoxe Hamodia*** (mais la situation n’a pas vraiment changé depuis) que les haredim qui veulent tout de même trouver un emploi doivent parcourir, si l’on ose écrire, un vrai chemin de croix.
Un des plus importants obstacles est, bien sûr, celui de leur éducation : ils ont suivi un cursus religieux dont ils sortent à peu près aussi ignorants dans les matières profanes fondamentales (langues étrangères et mathématiques) qu’ils y sont entrés.
Ils doivent donc commencer par une remise à niveau puis suivre des formations soit universitaires soit professionnelles. Quel est le de ces volontaires ? Réponse de Maftéa’h, un des principaux centres de développement pour l’emploi des haredim :
Ce sont des hommes (à 76 % pour 24 % de femmes). Ils sont jeunes : 30% ont entre 23 et 28 ans. Puis les chiffres diminuent (16% de 33-38 ans, 8,30% chez les 28-43 ans) jusqu’aux plus de 48 ans qui sont que 1,8%.
En 2050, 30% des Israéliens pourraient être des haredim
Joue également le nombre d’enfants : 21,4 % n’en ont pas, 15,7 % en ont un ou deux, 6.1 % en ont six, et 3.9 % en ont entre cinq et huit. Toujours selon Maftéa’h, les ultra-orthodoxes ashkénazes semblent davantage motivés :
34 % des candidats sont des Hassidim, 37 % des Lituaniens et seulement, 26 % des Sépharades. Et à quelles se destinent-ils ? Pour ceux qui suivent une formation universitaires, il n’y a pas vraiment photo :
Près de 41 % choisissent le Droit, sans doute parce qu’il y a beaucoup de « par cœur » durant les études et qu’ensuite, ce n’est jamais que du « pilpoul » portant sur des sujets non religieux…
Pour les formations professionnelles, ils privilégient l’informatique puis la, le graphisme et l’architecture. Les études finies, un autre obstacle se dresse devant eux : 58 % des chefs d’entreprise préfèrent ne pas engager d’ultra-orthodoxes.
D’après Maftéa’h, encore, ce préjugé diminue fortement s’ils obtiennent une période d’essai : la plupart des haredim sont des gens travailleurs, stables et sérieux. A preuve : 43% de ceux qui sont passés par ce centre auraient trouvé un emploi.
Un résultat exceptionnel par rapport aux autres sociétés de placement qui tournent autour de 12%. Si tel est le cas, il faudrait multiplier ce genre d’initiative car la situation risque de devenir intenable à moyen, voire court, terme.
Les haredim connaissent une démographie galopante : sept enfants par femme (trois pour les autres Israéliennes). A ce rythme, ils devraient passer de 10 à 15% de la population en 2020. Et 30% en 2050.
Comment conclure sans évoquer cette anecdote qui montre que certains ultra-orthodoxes ont non seulement des ressources financières mais aussi des idées plus originales pour les utiliser que de les consacrer à leurs familles?
Depuis 1964, chaque année, fin mai, début juin, se déroule à New York la « Celebrate Israel Parade» qui voit des dizaines de milliers de personnes défiler pour manifester leur soutien à l’État juif.
Et chaque année, un groupe d’ultra-ultra-orthodoxes, les intégristes du Netourei Karta, dont la vie se focalise autour de la haine d’Israël, viennent brandir des pancartes antisionistes et lancer des insultes aux participants.
Lesquels ont fini par soupçonner que les braillards payaient des gens pour protester à leurs côtés. Pour en avoir le cœur net, un rabbin (sioniste-religieux) a été regarder de près ces contre- manifestants. Témoignage**** :
« Quand nous nous sommes approchés des Netourei Karta, nous avons découvert qu’il n’y avait qu’un Juif présent. Les autres étaient des Hispaniques et d’autres non-Juifs, portant des calottes et des phylactères, payés pour tenir des pancartes et crier des slogans contre Israël. » Si non è vero…
*http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4669156,00.html
**Réalisé auprès de 1.000 hommes et femmes appartenant aux trois principaux groupes ultra-orthodoxes (sépharades, lituaniens et hassidiques) avec une marge d’erreur de 2,5%
***http://www.hamodia.fr/article.php?id=610
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