L’organisation israélienne qui œuvre pour l’égalité civile entre Juifs et Arabes a reconduit son initiative autour des « Nuits du Ramadan ». Et lance un projet pour accroître la visibilité des Arabes israéliens dans les médias de l’Etat hébreu.
Au lendemain de l’attaque palestinienne du marché de Sarona, qui a fait quatre victimes le 8 juin dernier à Tel-Aviv, les responsables de l’association israélienne Sikkuy s’étaient préparés à une importante vague d’annulations. Mais l’ONG qui œuvre pour l’égalité des droits civiques entre Juifs et Arabes Israéliens a eu la satisfaction de constater que son initiative « Nuits du Ramadan » n’a rien perdu de sa popularité.
Ce projet vise à encourager le public juif à visiter huit villes arabes-israéliennes différentes pendant les fêtes de Ramadan (7 juin-5 juillet) et à rejoindre une famille musulmane pour le diner de l’iftar. Il y a deux ans, lors du lancement de l’initiative, le premier soir des « Nuits du Ramadan » avait coïncidé avec la découverte des corps des trois jeunes Israéliens, enlevés et assassinés par des membres du Hamas en Cisjordanie. Et le programme de visites avait été annulé en raison de l’escalade rapide des hostilités qui ont débouché sur l’opération militaire israélienne « Plomb durci » à Gaza.
Un scénario catastrophe qui, fort heureusement, ne s’est pas reproduit ce mois-ci. « Dans la foulée de l’attentat de Sarona, nous avons ressenti une légère baisse de fréquentation, mais depuis le niveau de réservations est redevenu équivalent à celui que nous avons enregistré la première année de l’initiative, et la tendance est même à la hausse », confiait voilà peu Noam Horowitz, co-directeur du département « Tourisme régional partagé » de Sikkuy.
Donner une image plus positive des Arabes d’Israël
L’association créée en 1991 et dont le nom hébraïque signifie « chance », a totalisé 1.000 participants en 2015 : un nombre qui devrait doubler cette année, selon les organisateurs des « Nuits du Ramadan ». A en croire Noam Horowitz, le programme de visites proposé le jeudi et le samedi en soirée apporte un revenu complémentaire significatif aux commerçants arabes des villes comme Nazareth, Tayibe (près de Natanya) ou Baka al-Garbiyeh.
Sikkuy explore d’autres pistes pour favoriser la compréhension mutuelle entre Juifs et Arabes. L’association vient ainsi de lancer le « projet A-List », en partenariat avec la plateforme d’activisme social ANU et Seventh Eye, un observatoire indépendant des médias. Il s’agit d’une campagne visant à donner une image plus positive des Arabes d’Israël auprès du public juif, au travers de la création d’une base de données de plus de 100 experts arabes israéliens, pouvant être interviewés par les médias israéliens.
Alors que les Arabes représentent près d’un cinquième de la population d’Israël, ils ne sont que 2 à 3% des personnes conviées sur les plateaux des principales émissions des médias grand public en hébreu, selon une récente étude réalisée par l’ONG, et financée par New Israel Fund. L’enquête a également constaté que les experts arabes interviewés lors des journaux télévisés apparaissent dans le contexte négatif du conflit israélo-palestinien, produisant « une impression menaçante » sur les téléspectateurs juifs.
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