A l’occasion de Yom Hashoah, la communauté juive de Belgique s’est réunie ce 16 avril au Mémorial aux martyrs juifs de Belgique à Anderlecht pour se souvenir des 25.000 Juifs de Belgique assassinés par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.
« Nous rendons hommage aux victimes juives qui n’avaient commis d’autre crime que d’exister », a rappelé Claude Marinower, président de la Fondation du Mémorial aux martyrs juifs de Belgique, avant de citer Vladimir Jankélévitch : « Elles expièrent leur être et non leur avoir ».
Ce fut aussi l’occasion de commémorer le 72e anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie, cette lutte héroïque de Juifs préférant le combat contre les nazis à une extermination certaine dans les centres de mise à mort.
Le même jour, à quelques milliers de kilomètres à l’ouest de Varsovie, en Belgique à Boortmeerbeek, un autre acte héroïque et unique fut organisé par trois jeunes résistants. Ils ont arrêté le 20e convoi de déportés vers Auschwitz-Birkenau. Grâce à cet acte, plus de 200 Juifs ont pu échapper à l’extermination qui les attendait à Auschwitz. Cet exemple unique d’attaque d’un convoi de déportés constitue bel et bien la preuve que l’attaque ou le bombardement de convois de déportés pouvait non seulement désorganiser le processus de déportation des Juifs d’Europe, mais aussi les sauver. Comme l’a très justement rappelé Claude Marinower : « Jamais, je dis bien jamais, un centimètre de voie ferroviaire sur la route des camps d’extermination n’a été bombardé. Après la guerre, il s’est avéré que cela ne constituait pas une priorité pour les alliés ».
Lors de la cérémonie, l’avocat et écrivain Alain Berenboom a également pris la parole pour lire un très beau texte intitulé « J’ai un problème avec la Shoah ». Ce témoignage personnel porte sur toute la difficulté de transmettre la mémoire de la Shoah sans s’enfermer systématiquement dans le statut de victime. « Un Juif, aussi athée soit-il, garde vivante toute l’histoire de son peuple et de ses persécutions. Dans cette phrase, quel est le mot important ? C’est « vivante ». De la Shoah, ce qui est essentiel, ce sont tous ces magnifiques êtres vivants qui, même disparus, nous ont laissé six millions de flammes qui brûlent toujours. Leur âme est autour de nous pour nous apprendre à être vivants, nous tous et tous ceux qui nous suivent ».
Organisée sous l’égide du Consistoire israélite, du CCOJB et du Forum, par le groupe Présence juive pour la Mémoire, en coopération avec l’ensemble des organisations communautaires juives de Belgique, la cérémonie aura également donné la parole à Paul Sobol, ancien déporté, et Jonathan Delathouwer, président de l’UEJB, avant l’allumage des bougies, le Kaddish et les hymnes nationaux, la Brabançonne et l’Hatikva, suivies du Chant des Partisans en yiddish.
]]>