Quand le pire de l’occupation se confronte à des Israéliens décidés à ne pas rester les bras croisés. « Le vent du désert », un documentaire Arte.
Le lien vers le documentaire disponible sur Arte +7
Susiya, c’est l’histoire d’un village* de 1.500 habitants environ se faisant expulser trois fois de chez eux. Tout d’abord en 1986, parce qu’ils vivaient au milieu d’un site archéologique où se trouve une synagogue remontant à la période du second temple. Dès 1983, une colonie se créera, adjacente au village et se nommant elle-même « Suseya ». Elle accueillera des colons béliqueux ne cessant d’agresser les villageois vivant aux alentours de la colonie au point tel que l’armée devra, quand elle le fera, escorter les enfants à leur école. Les agressions sont nombreuses, sans compter les destructions de tout genre : incendies, confiscation de puits, etc. Une de ces attaques a été documentée par B’tselem (la vidéo est ci-dessous).
Suite à cette première explusion, les villageois partent s’installer sur leurs terrains entourant le village pour être à nouveau chassés en 1990, en étant embarqués dans des camions de l’armée, 15 km plus au nord aux portes du désert. La plupart reviendront et « camperont » sur leur terre étant donné qu’ils ne sont pas autorisés à construire en dur (toute la région est en zone C), quand l’armée ne démolit pas directement les caves dans lesquelles ils s’abritent (cfr documentaire).
La dernière destruction du village remonte à juillet 2001, lorsque colons et militaires saccageront les habitations. Les villageois reconstruiront**.
Désormais, ce sont près d’une dizaine de villages entiers, dont Susiya, qui sont menacés et non plus une habitation après l’autre. Les destructions ont commencé dans différents villages entourant Susiya. Une certaine mobilisation a commencé, comme nous l’explique Taayush, Rabbis for Human Rights ou encore B’tselem.
Les efforts des ces quelques Israéliens il y a près de trois ans maintenant, montrant une autre voie bien fragile, peuvent être désormais réduits à néant sous quelques bulldozers. Voilà la loi de l’occupation et celle de la « paix » que choisissent les gouvernements favorisant l’occupation…
*Un reportage photo sur la vie quotidienne à Susiya
**« I am an illegal alien on my own land » David Shulman – The New York review of Books
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