Syrie : Comment Shimon Pérès veut créer la « Grande Sion »

Dans cette interview du 24 aout 2013*, Ammar Bagdash, le Secrétaire Général du Parti communiste syrien et allié indéfectible des Assad révèle un complot israélien datant de 1980 et la façon dont il se déroule (Extraits)

Ammar Bagdash : (…) La Syrie est attaquée parce qu’elle constitue une digue contre l’expansionnisme nord-américain au Moyen-Orient, surtout après l’occupation de l’Irak. Mais le véritable protagoniste de cette agression  se trouve être en réalité le président israélien Pérès, qui poursuit cet objectif depuis les années 1980. Les communistes syriens ont donné un nom à ce projet : la « Grande Sion ». (…)

En Syrie, les Israéliens veulent refaire ce qui s’est passé en Égypte et en Tunisie. Ils ont commencé par des manifestations populaires dans les régions rurales de Daraa et d’Idleb. Mais dans les villes, il y eut immédiatement de grandes manifestations populaires de soutien à Assad.

Le gouvernement a réagi en adoptant certaines réformes comme celle sur le multipartisme et sur la liberté de la presse, réformes que nous avons soutenues. Mais les forces réactionnaires ont rejeté ces réformes.

Communistes, nous avons réalisé cette équation : les discours et les actes doivent être confrontés aux discours et aux actes. Mais le terrorisme doit être confronté par la souveraineté de la loi, en rétablissant l’ordre.

 Ensuite, on est passé à la révolte armée. Attentats et assassinats ciblés étaient le signal pour commencer l’attaque contre Damas. Puis les attaques se sont concentrées contre Alep, Le gouvernement a réagi en imposant l’hégémonie de la loi. (…)

 En Syrie, à la différence de l’Irak et de la Libye, il y a toujours eu une forte alliance nationale. Les communistes travaillent avec le gouvernement depuis 1966, sans interruption. La Syrie n’aurait pas pu résister en comptant seulement sur l’armée.

Elle a résisté parce qu’elle a pu compter sur une base populaire. Notre lutte est internationaliste. Un expert russe m’a dit : « Le rôle de la Syrie ressemble à celui de l’Espagne contre le fascisme ».

Une grande partie de la gauche pense que les rebelles combattent un régime fasciste, celui d’Assad. Que pouvez-vous répondre à cette position ?

Si nous partons de la définition du fascisme – un mouvement réactionnaire qui use de moyens violents dans les intérêts du capitalisme monopoliste – en Syrie, ce n’est pas le capitalisme monopoliste qui domine.

Ce sont plutôt les rebelles qui représentent les intérêts du grand capital. Les révoltes, comme nous l’enseigne l’histoire, ne sont pas toujours des révolutions. Pensons aux Contras au Nicaragua, aux franquistes en Espagne et il y en a d’autres. (…)

Comment sortir de la tragédie ?

(…) Le principal moyen de sortir du massacre syrien passe d’abord par un arrêt des aides à l’opposition armée de la part des pays réactionnaires et impérialistes. Une fois que les aides extérieures seront arrêtées, on pourra relancer un processus démocratique.

Avec des élections législatives et des réformes politiques, ce qui n’est évidemment pas possible dans cette phase de la lutte armée. L’avenir politique de la Syrie se décidera par les élections, notamment celles présidentielles de 2014.

*http://lepcf.fr/Entretien-avec-Ammar-Bagdash

Dossier

– Introduction : Le Moyen Orient en trois complots et deux conspirations : http://www.cclj.be/article/3/4697

 – Comment Erdogan a découvert la main d’Israël… et de B -H.L. dans la chute de Morsi : http://www.cclj.be/article/3/4696

-Bernard- Henri Lévy : Erdogan a « fumé la moquette » :  http://www.cclj.be/article/3/4695

– Syrie : Comment Shimon Pérès veut créer la « Grande Sion » : http://www.cclj.be/article/3/4693

 – Thierry Meyssan : des attaques chimiques ? Quelles attaques chimiques ? :  http://www.cclj.be/article/3/4692

« Baltaguiyya » : le mot qui a permis à Tarik Ramadan de découvre un complot :  http://www.cclj.be/article/3/4691

– L’agenda caché d’Israël : « pax britanica », « pax americana », « pax judaïca » : http://www.cclj.be/article/3/4690

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