Tatie Danielle s’est éteinte à 94 ans

« Tatie Danielle » du célèbre film et grand-mère de « Melting-pot café », Tsilla Chelton s’est éteinte le 15 juillet 2012 à l’âge de 94 ans dans sa maison de retraite située à Bruxelles.

Née le 21 juin 1918 à Jérusalem, alors encore sous l’Empire ottoman, la comédienne française devait sa notoriété au rôle de « Tatie Danielle » (1990), vieille dame méchante et acariâtre, même si elle ne s’est pas imposée immédiatement à Etienne Chatiliez et a dû repasser deux fois le casting pour être finalement retenue.

Orpheline de mère à six ans, la petite fille juive passe son enfance en Belgique, puis quitte Anvers pour la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de s’installer à Paris à la Libération et d’y suivre les cours du mime Marcel Marceau.

Dès 1952, elle décroche son premier grand rôle en créant une pièce d’Eugène Ionesco, Les chaises, suivie de dix autres – notamment Le roi se meurt ou Délire à deux. Sa carrière se déroulera essentiellement au théâtre où elle interprète notamment onze pièces du répertoire de cet auteur. Elle sera récompensée du Molière de la meilleure comédienne pour Les Chaises.

Se produisant aussi bien dans des œuvres contemporaines de Tardieu, Audiberti, que les grands classiques comme Molière ou Shakespeare, Tsilla Chelton est la première femme, en France, à jouer Bertold Brecht avec Michel Serrault, Michel Piccoli et Laurent Terzieff.

Elle enseignera également la comédie et formera les comédiens de la future troupe du Splendid : Gérard Jugnot, Christian Clavier, Michel Blanc, Thierry Lhermitte, Marie-Anne Chazel…

Elle fera de courtes apparitions chez Yves Robert, Claude Chabrol ou Claude Berri, avant Chatiliez et apparaitra encore dans deux films en 2009, Sœur Sourire aux côtés de Cécile de France et La Boîte de Pandore de Yesim Ustaoglu.Tsilla Chelton avait joué durant trois saisons le rôle d’Elisabeth, la mère de madame Astrid la patronne du « Melting Pot Café »*.

Epouse du décorateur Jacques Noël, mère de quatre enfants, Tsilla Chelton aura endossé avec humour et jusqu’à la fin cette image de Tatie Danielle qui lui collait à la peau, alors qu’elle semblait dans la réalité bien proche de la grand-mère juive.

« C’était sans doute aussi un peu douloureux de jouer un personnage aussi antipathique », estime Isabelle Nanty, qui lui servait de « nounou » dans le film. « En fabriquant son personnage, elle ne s’était pas fait de cadeau et ce n’était pas marrant de se retrouver chaque matin dans cette peau », a indiqué l’actrice à l’AFP. « Mais elle y allait à fond et elle vous embarquait dans son jeu, avec générosité ».

* voir un extrait de Melting Pot Café (saison 1)

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