Une élue du Parti de Gauche, des associations pro-palestiniennes et des internautes se déchainent pour obtenir l’annulation de Tel-Aviv sur Seine, une animation festive programmée ce jeudi 13 août 2015 dans le cadre de Paris Plages. Face à cette énième offensive anti-israélienne absurde, la mairie de Paris ne cède pas.
Dans le cadre de ses partenariats culturels avec les grandes villes du monde, Paris Plages a décidé de mettre à l’honneur Tel-Aviv en l’espace d’une journée : au programme foodtrucks, DJ set, animations ludiques et gratuites. Cette journée festive a pour objectif de faire « découvrir la culture, la gastronomie ou les loisirs » de Tel-Aviv, comme le précise le site internet de Paris Plages.
Depuis quelques jours, cet événement festif échauffe les esprits au sein de la blogosphère et des réseaux sociaux anti-israéliens où les demandes d’annulation de Tel-Aviv sur Seine se multiplient. Elles sont même relayées par des élus de la gauche de la gauche au sein du Conseil de Paris. Ainsi, Danielle Simonnet, du Parti de Gauche (PG), exige « soit d’annuler cette manifestation, soit d’en modifier radicalement la programmation en permettant, avec la diversité associative et citoyenne parisienne, des rencontres-débats sur les événements de l’an dernier et la situation actuelle ».
Il serait bon de rappeler à cette élue du PG que des dizaines de débats se tiennent déjà quasiment chaque semaine à Paris. « Il n’y a donc aucun rapport entre la programmation de cette petite festivité à Paris-Plage et le débat associatif sur le conflit israélo-palestinien. Ces débats ont lieu toute l’année et personne ne cherche à empêcher leur tenue. Danielle Simonnet a même le droit d’en organiser autant qu’elle le souhaite », souligne Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités de la Fondation Jean Jaurès, fondation politique proche du PS français.
« Cette campagne d’annulation de Tel-Aviv sur Seine est lancée par des gens qui ne souhaitent qu’une seule chose : l’arrêt total des relations avec Israël », fait remarquer Jean-Yves Camus. « A chaque fois que quelque chose se présente avec Israël, qu’il se soit produit ou non un événement violent dans l’actualité du Proche-Orient, on est toujours confronté à la même déferlante de mails ou de messages des réseaux sociaux relayés marginalement par des élus de la gauche de la gauche. Tout cela n’est pas neuf et se reproduira encore ».
La décision de faire suite à la demande de programmer Tel-Aviv sur Seine date du mois de juin 2015. Si cette décision est tardive, c’est parce qu’elle s’inscrit dans la foulée du voyage en Israël et en Palestine de la Maire de Paris, Anne Hidalgo, en mai 2015.
La municipalité de Tel-Aviv avait formulé la proposition de donner une visibilité à cette ville dans le cadre de Paris Plages. « Tout cela n’a rien d’extraordinaire », relève Jean-Yves Camus. « La ville de Paris a depuis plusieurs années un partenariat avec la ville de Tel-Aviv. Dès lors que les demandes de Tel-Aviv sont techniquement réalisables, rien ne s’oppose à ce que la mairie de Paris donne son accord à la mise en valeur de Tel-Aviv dans le cadre des activités de Paris-Plages ».
N’importe quelle ville partenaire de Paris peut formuler ce type de proposition qui doit être techniquement compatible avec le cahier des charges des animations de Paris-Plages sur les bords de Seine. « Dans le cadre de cet événement, il y a une visibilité donnée à une ville en particulier, et cette année c’est Tel-Aviv, ville avec laquelle nous avons un accord de coopération depuis des années », rappelle Jean-Yves Camus. « Tout cela n’empêche nullement la municipalité de Paris d’avoir aussi des relations privilégiées avec des villes palestiniennes comme Ramallah, Jéricho et Bethléem. Je ne pense pas qu’il y ait eu le moindre déséquilibre dans les relations au détriment des Palestiniens ». A cet égard, il est intéressant de noter que l’Orchestre des Jeunes de Palestine se produira à Paris les 25 et 26 août prochains à Paris. Cette initiative est le fruit d’une collaboration étroite avec le Conservatoire à rayonnement régional de Paris.
La mairie de Paris ne compte pas annuler cet événement. C’est une question de principe : on ne déprogramme pas des événements décidés il y a quelques mois sitôt que des événements se produisent dans le pays de la ville avec laquelle Paris a des relations. « On ne va suspendre ce qui est en projet avec Istanbul en raison de l’offensive lancée par l’armée turque contre les bases du PKK », insiste Jean-Yves Camus. « Tout comme on ne va pas suspendre nos partenariats avec des villes américaines à cause de la manière avec laquelle les policiers traitent les noirs dans ces villes, et on pourrait citer quantité d’exemples. La ville de Paris entretient des relations avec des villes israéliennes et palestiniennes. C’est un choix qui confirme la politique lancée par le Maire précédant, Bertrand Delanoë. Par ailleurs, Anne Hidalgo, qui s’est rendue en Israël et en Palestine en mai dernier, a toujours veillé à ce que cette parité soit scrupuleusement respectée ».
« La ville de Paris n’envisage pas d’annuler cet événement », a déclaré un représentant de la Maire de Paris. Et le premier adjoint de la mairie de Paris, Bruno Julliard, a répondu aux controverses en appelant notamment à ne pas faire « l’amalgame entre la politique brutale du gouvernement israélien et Tel-Aviv, ville progressiste, symbole de paix et de tolérance ». Il faut, dit-il, faire « la distinction entre un Etat, sa politique, son gouvernement et de l’autre côté des villes progressistes et leurs maires en opposition avec cette politique ».
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