Figure de la Résistance juive en France, avocat et président du CRIF, Théo Klein est décédé ce mardi 28 janvier 2020 à l’âgé de 99 ans. Proche du CCLJ, ce dirigeant communautaire a incarné un judaïsme français ouvert, ancré dans la République et attaché à Israël.
Né le 25 juin 1920 à Paris, cet arrière-petit-fils du grand rabbin de Colmar et fils d’un médecin a été sous l’Occupation, dans les années 1942-1944, l’un des responsables de la Résistance juive en France. Il participa notamment au sauvetage d’enfants juifs.
Après Sciences Po, il étudie le droit avant de devenir avocat à la cour d’appel de Paris en 1945 et au barreau israélien à partir de 1970. Il dirigera par la suite un des grands cabinets d’affaires parisiens franco-israéliens.
Président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) entre 1983 et 1989, Théo Klein se distingue par ses prises de position critiques sur la politique israélienne. Opposé au soutien inconditionnel du gouvernement israélien tout en étant viscéralement attaché à Israël, Théo Klein a noué des relations très étroites avec David Susskind lorsque ce dernier présidait le CCOJB. Les deux hommes ont mené ensemble de nombreux combats, dont celui du départ du Carmel d’Auschwitz.
C’est aussi à Théo Klein que les Juifs de France doivent la présence du CRIF sur la scène publique. A travers ses différents canaux politiques et médiatiques, il lance le dîner annuel du CRIF en 1985. L’idée sous-jacente de ce dîner est la nécessité d’un débat public et régulier entre la communauté juive organisée et le pouvoir politique. Durant les années de sa présidence, sa proximité de personnalités socialistes de premier plan lui permet de faire du CRIF l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics.
Grand serviteur du judaïsme, fou de la République et sioniste critique, Théo Klein s’est toujours voulu un homme libre. Authentiquement juif et sincèrement laïque.
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