Toulouse : une manifestation antiraciste interdite… aux Juifs

Dans la « ville rose », extrême droite et extrême gauche se livrent à une véritable compétition pour savoir laquelle des deux manifeste le racisme le plus imbécile. 

 

Décidément, les « bas du front »  se portent bien à Toulouse : il y avait déjà ceux qui considèrent Mohammed Merah comme un  héros : n’a-t-il pas tué des  Français d’origine immigrée parce qu’ils étaient soldats et des gosses juifs parce qu’ils étaient sionistes ?

A présent, on a les militants antiracistes qui ne veulent pas de Juifs dans des manifestations qui protestent contre l’antisémitisme. .. Yes, Sir. Décidément, comme aurait dit le regretté  Audiard, « quand les andouilles voleront, Toulouse sera le 1er aéroport de France »

Retour sur les faits : le week-end du 15 février, des locaux de campagne du Parti de Gauche, un local LGBT*, l’Université, , un cimetière,  sont tagués de croix gammées ou celtiques et de slogans anti-Juifs et anti- homos.

Socialistes, UMP, l’ensemble de la classe politique condamnent « des attaques inacceptables contre les valeurs de la démocratie ». La communauté juive, CRIF en tête, fait de même. Une belle unanimité qui ne va guère tarde à voler en éclats.

Car, le samedi suivant, 22 février, à l’appel de l’association Arc-en-Ciel (défense des homosexuels), d’Act Up, du NPA d’O. Besancenot, du Front de Gauche, de la Ligue des droits de l’homme, etc. environ 2.000 personnes se retrouvent à une manifestation

Parmi elles, des « radicaux » qui ont tout compris de la démocratie : des militants de l’UMP, menés par l’ancien maire de la ville, Jean-Luc Moudenc, veulent se joindre au défilé afin de

 « défendre la République » Hors de question : on ne saurait être de droite et antiraciste.

Ils auraient bien viré aussi le maire (socialiste) de la ville, Pierre Cohen, mais celui-ci s’est contenté de venir soutenir la manifestation : « « Le PS sera toujours là pour lutter contre le racisme, l’homophobie et l’antisémitisme« , et est parti avant le début du défilé.

Frustrant pour ces hérauts de l’antiracisme (surtout avec un nom pareil**, comme le montrera la suite). Car voici qu’apparaît Nicole Yardeni, présidente du CRIF local avec une délégation juive, désireuse, elle aussi de se joindre à la manifestation.

Braillements furieux des défenseurs des minorités opprimées :  «Yardeni,  Crif, fascistes, sionistes, cassez-vous»,  et qui, sans la présence du service d’ordre, auraient bien brisé quelques gueules de Juifs assez arrogants pour oser venir manifester contre l’antisémitisme.

On entend déjà l’argument : « ces braves petits ne s’en prenaient pas aux Juifs mais aux sionistes ». Et on est gêné pour ceux qui l’énoncent. Qu’est-ce que le fait que Mme Yardeni et les autres soient -par ailleurs- sionistes a à voir dans tout cela ?

Il s’agit d’une manifestation française dans laquelle des citoyens français « de souche » ou juifs, noirs, arabes, hétéro ou homosexuels, protestent contre le racisme et l’homophobie de l’extrême-droite française.

Sauf que chez ces « militants », là, Monsieur, on ne pense pas, on hait : pour eux, l’antisionisme prime sur tout.  Juif ou sioniste, c’est du pareil au même : l’ennemi absolu au Moyen Orient comme en France, en Europe, dans le monde entier…

Finalement, cette extrême-gauche là  n’est  pas loin, sinon de Mohammed Merah, du moins de Dieudonné et son maître à penser, Alain Soral.  Rouge-brun, l’alliance est ancienne. On note par contre un laxisme qui est nouveau :

Car il semble qu’aucun de ces militants d’élite n’a songé à vérifier qui étaient exactement les tenants des minorités sexuelles qui défilaient. Il est pourtant connu que certains gays sont de droite ou d’origine juive, voire les deux…. Alors, camarades, à quand l’autocritique ?

Au-delà de ces groupes, on attendait la réaction des organisateurs.  Seule, pour l’heure, Noémie Henry, co présidente d’Arc-en-Ciel, s’est déclarée navrée et a rappelé que son association « luttait contre toutes les discriminations ».

NPA ou Front de Gauche finiront aussi sans doute par s’arracher un communiqué dont chaque mot aura été pesé expliquant que ce n’est pas bien mais qu’il faut comprendre… Eux aussi, il faut les comprendra : ils entrent en période électorale et ces militants là votent pour eux.

Alors, il ne leur reste plus qu’à manger leur chapeau, s’asseoir sur leurs idées et soupirer ce mot qu’on prête à Ledru-Rollin*** : « Il faut bien que je les suive, puisque que je suis leur chef.»…

*Lesbiennes, Gays, Bi et Trans

**Le très laïque Pierre Cohen ne se revendique pas du judaïsme et « techniquement », il n’a pas tort : si son père est un Juif tunisien, sa mère est une catholique française.

*** En vérité, le Républicain de gauche  Alexandre-Auguste Ledru-Rollin (1807-1874) n’a jamais prononcé cette phrase : c’est une calomnie de ses ennemis, les partisans du futur Napoléon III.  Mais le mal est fait….

]]>