Trait d’union, des femmes et l’olivier

Juives, musulmanes, chrétiennes et circassienne, toutes citoyennes israéliennes, elles ont décidé de parcourir l’Europe avec leurs toiles. Le thème de leur expo : « Des femmes et l’olivier ». Une magnifique illustration de la paix et du dialogue, qui montre que tout est possible. A voir encore ce lundi 16 novembre 2015 au Parlement bruxellois flamand.

« L’olivier est comme la femme, il donne la vie, il donne la nourriture, il symbolise la paix dans toutes les cultures… » « Comme la femme, l’olivier donne, toujours, et pas seulement aux siens, mais à tous ceux qui l’entourent. Comme la femme, l’olivier est fort ».

Lina Laoz, Shuzanna Abu-Massoud, Guila Cohen, Asma Khalaf (notre photo) et Tamar Ashkenazi, elles sont toutes les cinq venues d’Israël pour accompagner l’exposition de leurs toiles à Bruxelles cette semaine. Des femmes, des mères, des travailleuses, des femmes qui croient en leurs convictions : « Nous ne nous connaissions pas avant, aujourd’hui, nous partageons nos vies, nos recettes de cuisine, nos familles se fréquentent », soulignent-elles.

C’est au départ d’un atelier de peinture, donné à un groupe de femmes de toutes origines dans la ville d’Afula (nord d’Israël), que tout a commencé il y a environ trois ans. Leur professeur, Sheila Dvore Casdi, a alors l’idée de proposer à certaines de ses élèves une exposition sur le thème de l’olivier, qui a cette vertu de constituer un point de jonction entre les différentes populations qui vivent en Israël. Les productions font l’objet d’une première exposition à Afula, où elles suscitent l’intérêt du directeur de la Wizo locale, David Moatty, qui leur propose de poursuivre la tournée dans d’autres villes israéliennes, Nazareth, Sakhnin, Tel-Aviv. L’expo donnera également lieu à des projets sur le thème de l’olivier dans les écoles israéliennes, pour réunir jeunes juifs et musulmans, avant de partir pour l’Europe.

Avec à chaque fois des conférences, des workshops, des rencontres accompagnant les 35 oliviers des artistes. « Sheila Dvore Casdi nous a transmis cette idée qu’à travers l’art, on peut créer le changement », nous explique Lina Laoz. « Et je pense que les femmes ont un rôle à jouer pour apporter la paix ».

Faire changer les choses

La réalité israélienne semble pour beaucoup indissociable de la politique, ces femmes ont pourtant volontairement choisi de ne pas en parler ici. Elles se réunissent ainsi chaque semaine, pour peindre, et se retrouvent tous les mois pour discuter. Un moment convivial organisé chez l’une ou l’autre, entre le Wadi Ara et Tibériade où elles résident. L’actualité de ces dernières semaines n’a pas pour autant rendu les choses faciles. Shuzanna Abu-Masoud nous confie parfois avoir eu peur d’aller à Afula. Un sentiment que partageait il y a peu son amie Guila Cohen, en se rendant à Tel-Aviv… « Nous vivons les mêmes peurs, nous connaissons les mêmes problèmes, nous sommes pareilles, alors pourquoi ne pourrions-nous pas vivre ensemble ? », assènent celles qui se disent également poussées dans ce projet par leur entourage. « L’art a des vertus éducatives, il permet de rencontrer et de comprendre l’autre », poursuit Asma Khalaf. « Ce qui se passe aujourd’hui nous renforce dans notre motivation de vouloir faire changer les choses. Sheila Dvora nous avait posé cette question au tout début du projet : « Pourquoi pas ? » C’est pour ça qu’aujourd’hui, nous sommes là ! »

Si les artistes musulmanes s’attendaient à plus d’enthousiasme de la communauté arabo-musulmane de Bruxelles, les visiteurs de l’expo ont dans l’ensemble répondu présents, avec une conférence ce jeudi sur le thème « Comment vivre ensemble dans une société devenant multiculturelle ? », avec Françoise Schepmans, bourgmestre de Molenbeek, Viviane Teitelbaum, présidente du lobby européen des femmes, Aviva Dierckx (Vrouwenraad), Thomas Gergely (Institut d’études du judaïsme, ULB) et Chemsi Cheref-Khan (La Pensée et les Hommes). Tandis que ce vendredi matin était l’occasion d’un dernier atelier de peinture en compagnie des artistes.

L’Athénée Ganenou n’est pas parvenue à placer l’événement dans son agenda, mais on se réjouira que les élèves de Dachsbeck et Jacqmain aient pu faire le déplacement. Du côté de la Wizo Belgique qui organisait l’événement, on se dit très satisfait : « C’était absolument enthousiasmant de voir l’énergie positive que cette exposition a dégagée », relève Isabelle Steinkalik, la présidente de la section Bruxelles. « C’est aussi très réconfortant par rapport à des personnes qui étaient contre ce projet au départ ». Après la France, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, et la Belgique (Anvers et Bruxelles), l’exposition s’envolera pour une dernière escale en Hollande. Qui sait après leur retour en Israël et une tournée prévue aux Etats-Unis, ces femmes nous reviendront-elles avec leurs oliviers… au Parlement européen! On ne peut que se le souhaiter.

Dernier jour d’accès à l’exposition : lundi 16 novembre 2015 de 10h à 17h au VGC (Parlement bruxellois flamand), 61-67 rue du Lombard, 1000 Bruxelles. Catalogue des œuvres en vente au prix de 20€. Plus d’infos : www.olive-tree.bewww.wizo.be
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