Chanteur, danseur et acteur israélien, Tsahi Halevi a été mondialement révélé en jouant dans la série Fauda. Dans une conférence-rencontre qu’il donnera le 19 mai 2019 à 16h à l’occasion du 71e anniversaire d’Israël organisé au Passage 44 par l’OSB, il exposera le regard qu’il porte sur son pays depuis son enfance passée dans différentes capitales européennes jusqu’à sa carrière artistique, en passant par son service militaire dans une unité d’infiltrés à Gaza et en Cisjordanie.
Comment êtes-vous devenu acteur alors que vous aviez entamé une carrière musicale ?
Tsahi Halevi Un peu par hasard, car depuis mon enfance, je voulais être musicien. Après mon service militaire, j’ai commencé à écrire des chansons et à chanter. J’ai fait partie de la troupe Mayumana qui allie danse, chant et percussion. En 2011, un des amis m’a dit que le réalisateur du film Bethlehem recherchait des acteurs israéliens qui parlent arabe. Après plusieurs rencontres avec le réalisateur et quelques auditions, il a décidé de me confier le rôle d’un agent du Shin Beth. Ce rôle a complètement changé ma vie, car depuis lors, je me consacre principalement au cinéma et aux séries TV, même si je n’ai pas abandonné la chanson. J’ai d’ailleurs écrit une chanson pour la bande originale de la première saison de Fauda.
Comment expliquez-vous le succès mondial des séries israéliennes ?
TH Je pense que la clé du succès des séries israéliennes réside dans la qualité de leurs scénaristes. La situation particulière d’Israël, un pays au cœur d’un conflit, constitue également un matériau intéressant pour écrire de bonnes histoires. Enfin, les scénaristes et les réalisateurs réussissent à produire des séries de qualité avec des budgets très modestes. La réunion de tous ces éléments a permis de créer un écosystème favorable aux créations israéliennes. Et l’intérêt que portent des plateformes comme Netflix ou Amazon aux séries israéliennes a contribué à les faire connaître mondialement, de la même manière que les séries espagnoles ou scandinaves.
Quelle est la particularité de la série Fauda dans laquelle vous incarnez un membre d’une unité de soldats de Tsahal infiltrés en Cisjordanie ?
TH Dans Fauda, c’est la première fois que le public, en ce compris le public israélien, peut voir ce conflit dans une perspective inédite : celle d’une unité de Tsahal dont les membres agissent en Cisjordanie en se fondant dans la population palestinienne. Ecrite par l’ancien responsable des affaires palestiniennes et arabes du journal Haaretz, Avi Issacharoff, et l’acteur et scénariste Lior Raz, deux anciens soldats de cette unité, Fauda a le mérite de saisir le conflit dans toute sa complexité. Derrière tous ces personnages, qu’ils soient israéliens ou palestiniens, il y a surtout des êtres humains pétris de contradictions. Dans cette série, le conflit ne se lit pas de manière manichéenne. Je ne sais pas si cela change la perception que les gens en ont, mais je suis convaincu que cette série restitue de nombreux aspects moins connus du conflit israélo-palestinien. C’est la raison pour laquelle il était important qu’environ la moitié des dialogues soient en arabe.
Peu de gens le savent, vous avez vécu à Bruxelles durant votre enfance. Quel souvenir gardez-vous de cette ville ?
TH Grâce aux succès des séries (Fauda, Mossad 101, Hostages) dans lesquelles j’ai joué, j’ai pu voyager et aller à la rencontre du public. Mais revenir Bruxelles, c’est particulier, car j’y ai vécu de 1985 à 1986 et de 1990 à 1993 en suivant mon père qui était diplomate à l’ambassade d’Israël. J’ai d’excellents souvenirs de ma scolarité à l’Athénée Ganenou et j’ai même conservé des amis à Bruxelles. D’une certaine manière, revenir à Bruxelles, c’est revenir où tout a commencé, même si j’ai vécu dans d’autres pays (Israël, Danemark, Italie, Egypte). Je me suis nourri de toutes ces expériences.
Infos et tickets : www.bezionist.org