Ultra-orthodoxes : le ras le bol des passagers d’El Al

Une fois encore, des ultra-orthodoxes en goguette ont voulu imposer leurs bizarreries religieuses aux passagers d’un avion. Cette fois, ils ont fait fort : 11 heures de retard…

Les excentricités des ultra-orthodoxes en avion, les voyageurs connaissent : il y a ceux qui s’enveloppent dans un sac en plastique quand ils survolent un cimetière. Ou ceux qui portent des lunettes déformantes pour ne pas voir les femmes présentes.

Les gens leur jettent un regard amusé ou stupéfait et voilà. Par contre, lorsque les haredim (« craignant-dieu) piquent une crise d’hystérie parce qu’ils doivent s’asseoir à côté d’une femme, les autres passagers apprécient moyen.

C’en est au point qu’une pétition en ligne à leur encontre été lancée sur le site Change.org* et a recueilli le jour même plus de 700 signatures. Il faut dire que les hommes en noir avaient fait fort sur un vol El Al de New York à Tel Aviv.

Peut être parce que c’était le 23 septembre, veille du Nouvel An juif et qu’ils étaient particulièrement nombreux à bord.  Car, en général, quand il n’y en a qu’un ou deux, l’équipage parvient, non sans mal à trouver un compromis susceptible de satisfaire à leurs caprices.

Mais là, ils étaient plusieurs dizaines,  révulsés à l’idée de devoir être assis à côté de voyageuses. Ils ont d’abord entamé une série de marchandages, proposant même de l’argent à celle-ci et à celui-là pour qu’ils échangent leurs places.

Comme ni les uns ni les autres n’étaient tentés par ce bizarre jeu de chaises musicales, ils sont passés aux insultes puis aux intimidations. Nouvel échec. Du coup, les « haredim » ont décidé de voyager debout.

Là, c’est le commandant de bord qui, pour des raisons de sécurité, a refusé de décoller tant que tout le monde n’était pas assis. La situation est ainsi restée bloquée… durant 11 heures ! En définitive, ces braves gens ont accepté de s’asseoir le temps du décollage.

Après quoi, selon le site israélien Ynet** :« ils ont bondi de leurs sièges pour prendre place dans l’allée centrale toute la durée du vol, prier à voix haute et empêchant de facto quiconque de passer. »

Bref, ce fut « un vol de cauchemar » comme en témoigna une des passagères : impossible pour les autres voyageurs d’échapper au bruit ou de se déplacer, fut-ce pour se rendre aux toilettes. On imagine aisément leur humeur  en débarquant à l’aéroport Ben Gourion.

Comme la grossièreté des ultra-orthodoxes envers les non-religieux –et surtout à l’encontre des femmes- est un phénomène récurrent, on comprend le succès immédiat de la pétition lancée par  Sharon Shapiro, de Chicago, une de ces malheureuses passagères.

D’autant que, comme le remarque un des signataires, ces gens ne se permettent d’agir de la sorte que sur El Al. Sur une autre compagnie, ils se résignent assez vite au martyre de côtoyer une étrangère pendant leur voyage.

Mais comme il s’agit d’une compagnie israélienne,  ils se sentent autorisés à se lâcher : insulter les femmes, les bousculer, hurler sur les hommes, bloquer  l’avion tant que les autres ne se plient pas à leurs exigences. Entre Juifs, n’est-ce pas…

Comme les intégristes de toutes les religions, ces gens là ne comprennent que le langage de la force. Il suffirait qu’El Al, comme d’autres compagnies n’hésitent pas à le faire pour des raisons bien moins pénibles, en expulsent quelques uns et la question serait réglée.

Les hommes en noir brailleraient que les Israéliens sont pires que les nazis, qu’il s’agit d’une nouvelle guerre contre la religion, puis poseraient sans moufter leurs pieux séants aux côtés d’une femme, même si (Dieu garde !) c’était une non-Juive.

Comme les dirigeants d’El Al n’auront sans doute pas ce courage, ils pourraient à tout le moins mettre en œuvre cette autre suggestion de la pétition : prévoir quelques rangées de sièges réservés, moyennant supplément, à ces gens incapables de vivre dans la société de leurs semblables.

Une sorte de ghetto volant qui corresponde à celui qu’ils ont dans la tête. Certes, pour que les haredim  se sentent tout à fait bien, il faudrait aussi qu’il soit entouré d’antisémites, comme au Moyen Age. Hélas, il n’est pas certain qu’El Al aille jusque là pour satisfaire ses clients.

* Si le cœur (ou la raison) vous en dit : https://www.change.org/p/el-al-israel-airlines-ltd-customer-relations-department-stop-the-bullying-intimidation-and-discrimination-against-women-on-your-flights 

**http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4574844,00.html

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