Dans Haaretz*, ce texte brutal et dérangeant du journaliste Zvi Ba’rel sur la haine de l’Arabe que secrète une certaine éducation israélienne. Un des symptômes les plus visibles de cette « maladie de l’occupation » qui ronge l’Etat juif.
Les jeunes criminels qui ont battu sans pitié des Arabes à Jérusalem, sous les yeux indifférents des passants n’habitent pas dans une colonie, ils ne se sont pas installés dans des villes ou des collines des territoires palestiniens.
Peut-être ont-ils participé à une des excursions à Hébron organisées par le ministère de l’Education destinée à « familiariser les enfants avec leur Patrimoine Juif ». Peut-être ont-ils entendu parler de l’occupation, mais sans plus.
(…) Les terribles déclarations d’un des adolescents, à savoir que sa victime « pouvait bien mourir, cela m’est égal, puisque c’est un Arabe », ne sont pas un produit de l’occupation. C’est un élément inséparable de notre culture.
Haïr l’Arabe et vouloir sa mort; rester là à regarder sans rien faire, comme des dizaines de passants l’ont fait, c’est une vision globale. Et elle ne vient pas seulement de cet ouvrage répugnant « La Torah du Roi », dans lequel des rabbins ont osé écrire :
« L’interdiction de tuer des non-Juifs ne résulte pas de la valeur intrinsèque de la vie de ceux-ci, vie qui n’a pas essentiellement de légitimité en tant que telle ». Ces gens-là sont des rabbins des colonies.
On peut donc penser qu’ils vivent dans un autre pays, où les lois de l’Etat d’Israël ne sont pas en vigueur. Mais que dire des propos de Shmuel Eliyahu, rabbin de Safed, une ville d’Israël ?
Ce fonctionnaire de l’Education nationale explique que : « (…) Ce que veut l’Arabe, ce n’est pas seulement voler les biens des éleveurs juifs. L’Arabe, comme on le connait, a toujours les yeux braqués sur les filles d’Israël».
Ou de ce manuel d’instruction civique, destiné à aider les élèves à « comprendre » ce qu’est un Arabe. (…) ? « Le fait pour des jeunes filles juives de fréquenter des Arabes est susceptible de conduire à l’établissement d’une relation plus étroite, et même au mariage.
L’assimilation des jeunes filles juives à la minorité arabe portera alors préjudice à la préservation de la majorité juive dans l’Etat d’Israël ». Ce manuel n’a peut-être pas l’imprimatur du Ministère de l’Education, il ne se vend pas moins par milliers auprès des candidats au baccalauréat.
(…) Nous avons des gens qui passent pas mal de temps à surveiller le contenu des ouvrages scolaires publiés par l’Autorité Palestinienne. Mais ils ne s’intéressent pas à tous ces textes qui ont nourri en nous la haine de l’Arabe. Et, si on y réfléchit, le seul crime des jeunes de Jérusalem a été de mettre en pratique la pédagogie israélienne et son « Mort aux Arabes ».
Une mentalité qui continuerait à faire partie de notre identité nationale même si l’occupation cessait. Car il ne s’agit pas du rejet « classique » de celui qui est différent. (…) Ce n’est pas non plus la xénophobie ou la crainte du musulman du racisme européen.
Chez nous, la haine de l’Arabe fait partie des manifestations de la loyauté qu’un citoyen juif doit apporter à l’Etat. Un Israélien loyal est un Israélien qui laissera mourir un Arabe, parce que « c’est un Arabe ».
Et si une personne pense autrement, la raison en est bien connue : « C’est parce qu’elle couche avec les Arabes »…
http://www.haaretz.com/opinion/a-good-jew-hates-arabs.premium-1.459832
(Traduit par la Rédaction)
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