Décidemment, sale temps pour la gauche européenne. Alors que le Parti travailliste britannique n’en finit pas de suspendre des responsables politiques locaux et nationaux suite à leurs propos antisémites, un conseiller communal socialiste de Verviers compare Israël à Daesh sur Facebook.
Said Naji, conseiller communal socialiste verviétois, a appelé lors d’une manifestation populaire au boycott d’Israël, en soutien au peuple palestinien. Il a posté sur Facebook une photo accompagnée du commentaire « Israël = Daesh = Haine = Inhumain ».
Ses propos ont provoqué une levée de boucliers et obligé le conseiller communal à retirer aussitôt son post.
Said Naji, figure emblématique dans son quartier, a précisé qu’il s’agissait d’une opinion personnelle partagée par bon nombre de ses concitoyens. Voilà un argument implacable digne de l’extrême droite qui ne cesse d’éructer qu’elle dit tout haut ce que les gens pensent tout bas.
L’Union socialiste communale (USC) de Verviers s’est rapidement distanciée de ces « propos inacceptables, démentant toute intention de vouloir comparer l’Etat d’Israël à Daesh », a souligné Alexandre Loffet, son président.
Il est vrai que tout cela tombe très mal dans la mesure où Paul Magnette, Ministre-président (PS) de la Région Wallonne vient d’effectuer une mission économique en Israël et en Palestine.
Said Naji est opposé à titre personnel aux brutalités commises par Israël en Palestine, mais il n’est pas admissible de les comparer aux crimes abominables commis par Daesh dans le monde entier et dont les populations de Syrie et d’Irak sont les victimes quotidiennes, poursuit Alexandre Loffet.
Le conseiller communal a dès lors été prié de retirer son post de Facebook. Cela ne lui évitera pas d’être convoqué la semaine prochaine par le comité de vigilance de la Fédération verviétoise du PS. L’ultime sanction serait l’exclusion du parti.
Les socialistes belges vont-ils être confrontés aux mêmes turbulences que leurs camarades britanniques ?
Fin avril, deux membres du parti ont été suspendus pour leurs propos : la députée Naz Shah, qui avait partagé sur Facebook un contenu proposant de « déplacer Israël aux Etats-Unis », puis l’ancien maire de Londres, le très sulfureux et très anti-israélien, pour avoir estimé que « Hitler était sioniste avant de devenir fou et de finir par tuer 6 millions de Juifs ».
Le phénomène va au-delà de ces deux suspensions. Au mois de mars, deux militants du parti avaient déjà été expulsés pour des propos antisémites. Et ces expulsions n’étaient elles-mêmes pas des cas isolés.
Le problème est plus profond et le nouveau président du Parti travailliste en est le symptôme. Très marqué à gauche et également très anti-israélien, Jeremy Corbyn concentre les critiques. Il est notamment accusé d’avoir laissé des idées antisémites s’enraciner dans le parti, et d’avoir réagi trop tard. Issu de l’aile gauche radicale du parti, Corbyn baigne depuis longtemps dans ce milieu où Israël, le sionisme et les Juifs font tourner la tête de ceux qui le composent. Et de leur antisionisme obsessionnel à l’antisémitisme, la frontière est vite franchie.
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