Un parlement juif européen s’est constitué cette semaine à Bruxelles ! Non, il ne s’agit pas de députés juifs élus du Parlement européen qui décident de se rassembler, mais bien d’anonymes qui ont décidé de s’autoproclamer représentants « élus » des Juifs d’Europe.
Comme la Knesset, cette assemblée comprend 120 membres. Ils sont juifs et issus de 47 pays européens. Tout cela paraît séduisant si ce n’est que cette assemblée juive européenne réunit des représentants élus d’une curieuse manière : virtuellement sur internet ! On est donc bien loin de la transparence démocratique dont se parent les initiateurs de ce projet. Qui a voté ? Combien d’internautes ont réellement participé à cette « élection » ? Et surtout comment les Juifs d’Europe ont-ils pu prendre connaissance de cette initiative ? Autant de questions qu’on peut se poser légitimement.
Selon Joël Rubinfeld, vice-président de ce parlement juif européen, les élections ont été clôturées le 15 décembre 2011 et 403.000 électeurs ont participé à ce scrutin. Joël Rubinfeld n’est pas un inconnu en Belgique. Souvenez-vous, il a présidé le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) entre 2007 et 2010. Lorsqu’on prend la peine de consulter la liste des heureux élus, on s’aperçoit que parmi les cinq représentants belges, seuls deux d’entre eux sont belges ! Cette précision indique bien à quel point ce projet opaque échappe à tout contrôle démocratique.
Imaginez un instant cinq Juifs qui se réunissent dans une pièce à Bruxelles et décident de s’autoproclamer représentants des Juifs de Belgique. Autant dire que ce parlement juif européen est un véritable simulacre d’élections. Il apparaît surtout comme le nouveau jouet d’oligarques ukrainiens souhaitant s’imposer comme les nouveaux dirigeants du judaïsme européen.
Aujourd’hui, les Juifs d’Europe n’ont pas besoin d’une mascarade de parlement. Ils sont citoyens à part entière des Etats où ils vivent. S’ils doivent élire des représentants, ils peuvent le faire lors des élections européennes, nationales, régionales et locales. Lorsqu’il s’agit d’intérêts spécifiquement juifs, il existe des organisations représentatives fédérant des associations juives. Elles servent de relais entre le judaïsme organisé et le monde politique.
Démocratiser les structures communautaires est un objectif honorable et légitime. C’est la raison pour laquelle il ne peut se réaliser d’une manière aussi opaque que celle préconisée par les organisateurs de ce parlement juif européen. Si d’aventure, les Juifs d’Europe devaient se doter d’un parlement, autant le faire sérieusement et dans la transparence. Internet est un excellent outil de communication et d’information, mais en matière d’élections, les démocraties qui se respectent n’ont pas encore eu recours à cet instrument pour choisir leurs représentants.
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