Encore des ségrégations contre les femmes. A quoi ressemblera la prochaine Knesset… d’après un sondage. Jane Birkin est contre le gouvernement Netanyahou, mais chante tout de même en Israël.
Le « Puah Institute » est une organisation qui lutte contre l’infertilité chez les ultra-orthodoxes, avec des fonds de l’Etat. Elle va organiser sous peu un congrès à Jérusalem sur le thème « Obstétrique et Halacha (loi juive) ». Les médecins femmes seront interdits de tribune.
Elles seront tout de même autorisées à écouter leurs homologues masculins. Depuis une partie de la salle isolée par des cloisons en bois. C’est vrai que la présence de femmes dans un colloque consacré à leur sexe pourrait susciter des pensées impures…
Les supermarchés « Rami Levi » ont aussi le souci d’éviter d’inutiles autant que cruelles tentations aux hommes. Cette chaîne de « hard discount » vient de décider de créer des caisses séparées par sexe dans son magasin de Beitar Illit.
Il est exact qu’il s’agit d’une colonie israélienne de Cisjordanie où vivent une majorité d’ultra- religieux, que c’était une demande des rabbins locaux et que le maire est pour. Mais il n’y a pas de quoi s’inquiéter pour la démocratie.
Selon la direction du magasin : « Si une femme désire utiliser une caisse pour hommes, personne ne l’en empêchera ». Avec autant de tolérance et d’ouverture, le chiffre d’affaires de Rami Levi devrait exploser. Ou alors, c’est à désespérer de la religion…
En Israël comme ailleurs, quand les dirigeants changent, les rapports de forces évoluent. Et, à Jérusalem, nombre de mandats sont en jeu. Au Likoud, par exemple : Benjamin Netanyahou résistera-t-il à l’offensive des jeunes loups de son parti, encore plus à droite que lui ?
Dans un sondage récent du quotidien Yediot Aharonot, s’il reste en fonction, son parti est assuré de 27 ou 28 sièges. Sans lui, c’est l’inconnu… De même pour le parti centriste Kadima : de toutes façons, il est en chute libre avec l’apparition de Yair Lapid (v. plus bas).
Mais si Tzipi Livni est réélue, il conservera 13 mandats (contre 28 actuellement) pour 8 seulement si Shaül Mofaz la remplace. Chute aussi pour le parti ultra-orthodoxe Shass : son ancien président, Arié Déri, emprisonné de 1999 à 2002 pour corruption, annonce son retour.
Et il est crédité de 5 sièges, ce qui ramène le Shass de 11 à 6. A gauche, on devrait assister à une remontée du Parti travailliste de 5 à 12 sièges grâce à sa nouvelle présidente, Shelly Yachimovich.
Et, bien sûr, il y a l’irruption de Yaïr Lapid, le très populaire présentateur de télévision. Celui-ci marche sur les traces de son père, Tommy Lapid, dont le parti « Shinoui » avait compté 15 sièges à la Knesset en 2003… avant de disparaître en 2006.
Alors qu’il n’a pas encore fondé son parti, Yaïr Lapid est d’ores et déjà crédité de 11 sièges… Mais va-t-il se présenter sous ses propres couleurs ? Dans ce cas de figure, le bloc droite-extrême droite obtiendrait une courte majorité de 61 sièges.
Par contre, si Lapid se présente avec Kadima, la coalition actuelle sera à quasi égalité avec le centre et la gauche : 58 contre 57. C’est alors, de façon paradoxale, Arié Déri et ses 5 sièges qui deviendraient l’arbitre de la situation.
S’il se présente. Si Yaïr Lapid gagne son pari. Si Tzipi Livni… Si… Si…
Pas folle, l’ex-fan des sixties
Jane Birkin a joué nombre de rôles de fofolle volontiers dénudée. Elle a un accent british des plus rigolos. De là à la considérer comme une dinde, il n’y a qu’un pas qu’on aurait tort de franchir. A preuve, son rapport à Israël et aux Palestiniens.
Elle est justement en tournée dans la région où elle s’était déjà produite en 2003, à Tel-Aviv comme à Ramallah et Gaza. Cette fois-ci, explique-t-elle, elle a subi beaucoup de pressions pour ne pas se rendre dans l’Etat juif.
Comme c’est le cas, selon des diplomates en poste à Jérusalem, de tout artiste français envisageant de se rendre en Terre Sainte. Jane Birkin a expliqué qu’elle avait hésité à venir à cause de son désaccord avec la politique du gouvernement israélien.
« Mais, a-t-elle ajouté, je ne voulais pas boycotter Israël malgré les coups de téléphone de toute sorte que j’ai reçus. Pourquoi faire souffrir les gens ? Isoler encore un peu plus un pays isolé, malheureux de son sort, compliqué, c’est une vacherie dont je n’étais pas capable ».
Ce qui ne l’empêchera pas, après deux concerts à Tel-Aviv, de se rendre aussi à Ramallah, en Cisjordanie, mais en avril. Dans le contexte actuel, il n’est plus possible de coupler les deux. Mais, pour elle, « il est essentiel d’aller des deux côtés ».
Pour le reste, elle est « naïvement optimiste » : « Je me souviens des bombes de l’IRA quand j’étais petite, et à la fin nous avons eu la paix. Cela prendra du temps et demandera le meilleur des Israéliens et des Palestiniens, mais ce jour arrivera ici aussi ».
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