Un policier condamné pour avoir tardé à transmettre des informations concernant l’arme de Nemmouche

Le policier qui avait tardé à transmettre une information à la cellule antiterrorisme de la police judiciaire fédérale de Bruxelles sur l’attaque au Musée juif de Belgique a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel à une peine de prison de deux mois avec sursis. La défense a décidé d’interjeter appel.

Juste après la diffusion des images sur lesquelles apparaît l’auteur de l’attaque en train d’extraire d’un des sacs une kalachnikov à crosse repliable, un policier travaillant au service des indicateurs de la police judiciaire fédérale de Bruxelles a reçu un tuyau d’un informateur déclarant reconnaître la kalachnikov comme une arme é coulée récemment dans le milieu.

Son supérieur, présent à la divulgation de cette information, lui aurait alors demandé de contacter l’informateur avant de faire rapport de cet entretien, dans un premier temps. Ce qui a été exécuté correctement. Mais le policier aurait ensuite tardé à dresser le rapport confidentiel destiné à avertir aussi vite que possible la cellule antiterroriste de la police judiciaire fédérale, alors que l’ordre lui avait été donné à deux reprises. Il ne l’aurait rédigé qu’en août, tandis que l’auteur présumé des faits, Mehdi Nemmouche, s’était entre-temps rendu en France.

Il s’est finalement avéré que l’arme décrite par l’informateur n’était pas celle utilisée lors de l’attaque mais le parquet a toutefois décidé de poursuivre le policier. Ce dernier a été condamné, jeudi, à une peine de deux mois de prison avec sursis. Ses avocats, Maîtres Sven De Baere et Sven Mary, ont déjà annoncé qu’ils interjetteraient appel.

Selon Me De Baere, « le règlement en matière de transmission des informations est très clair. Notre client devait effectivement faire rapport de son entretien avec l’informateur à son supérieur, ce qui a été fait, mais c’était à ce dernier de dresser ensuite un rapport confidentiel destiné à la cellule antiterroriste. L’ordre donné à notre client de rédiger ce rapport lui-même n’est pas conforme au règlement. Le supérieur était, par ailleurs, au fait de l’information reçue, ce qui prouve que notre client n’a rien voulu dissimuler ».

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