Désignée représentante de la jeunesse israélienne à l’ONU par le ministère des Affaires étrangères, Rasha Athamni est issue de la minorité arabe d’Israël. Non seulement cette jeune femme de 29 ans sera à New York aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahou lors de son discours à l’Assemblée Générale, mais elle aura elle-même l’occasion de prendre la parole pour défendre sa vision du monde auprès de la Communauté internationale.
La situation de ces dernières décennies entre Israël et la Palestine fait irrémédiablement écho au célèbre premier discours de Churchill au Parlement britannique dans lequel il évoque « du sang, du labeur, des larmes et de la sueur ». Le Moyen-Orient semble être un de ces malades chroniques dont les périodes d’accalmies débouchent inexorablement sur une rechute. Les lendemains des négociations de paix sont meurtriers : le sang est vengé par le sang et les larmes sont partagées. Les générations sacrifiées sur l’autel d’un conflit qui n’a que trop duré se succèdent. Chaque petite lueur d’espoir est directement éteinte par ce cycle infernal. Ces dernières semaines ont encore prouvé, s’il le fallait, qu’il n’y a rien à gagner en perpétuant la dialectique attaques-représailles si ce n’est d’attiser la haine de l’autre. La tristesse et la vengeance sont deux sentiments qui se confondent, dans un désespoir immense. Quand le radicalisme de l’un nourrit le radicalisme de l’autre, c’est la paix et le dialogue qui en pâtissent.
Dans son magistral discours d’investiture, Nelson Mandela nous a montré le chemin à suivre vers une réconciliation. De grands hommes sont nécessaires pour transcender les intérêts court-termistes des uns, afin d’incarner des idéaux au bénéfice de tous. Assurément, le Moyen-Orient a manqué ces dernières années d’hommes et de femmes prêts à prendre le risque de défendre un idéal de paix au détriment d’intérêts purement égoïstes et électoralistes. Il n’est évidemment pas simple de sortir des sentiers battus et d’aller à l’encontre de la logique actuelle.
Au milieu de l’afflux de mauvaises nouvelles en provenance de cette région du globe, une information a eu le mérite d’attirer mon attention. Il y a quelques mois, le gouvernement israélien, par l’intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères, a décidé de mener un processus de sélection afin de nommer un jeune délégué représentant du pays à l’ONU. Les jeunes délégués s’assurent que la voix des jeunes soit entendue lors des processus internationaux de prise de décision. Parallèlement, ils contribuent à la mise en oeuvre des accords internationaux en assurant notamment le suivi des décisions. Cette forme de participation des jeunes est très importante et permet aux jeunes d’être impliqués sur différentes matières.
Ce n’est pas tant la décision d’envoyer un délégué, mais plutôt le profil du délégué sélectionné qui permet d’augurer des lendemains meilleurs. Rasha Athamni (29 ans) a été nommée représentante de la jeunesse israélienne à l’ONU. Imaginez, durant les douze prochains mois, la porte-parole de l’ensemble de la jeunesse israélienne est issue de la minorité arabe. Cette dernière sera, fin septembre, aux côtés du Premier ministre, Benjamin Netanyahou, lors de son discours à l’Assemblée Générale. Elle aura elle-même l’occasion à New-York de faire un discours et de défendre sa vision du monde auprès de la Communauté Internationale.
Evidemment, cette décision fait grincer des dents en Israël ou une telle décision est interprétée comme une pure provocation, à la fois par les Juifs et la minorité arabe. Pour les premiers, il est intolérable qu’un Arabe se fasse porte-parole de l’Etat Juif, pour les seconds, il est honteux de défendre et de légitimer l’oppresseur. Rasha ne s’attarde pas sur ces barrières mentales. Elle sera à New-York durant les trois prochains mois pour essayer d’abattre les murs de l’incompréhension et prouver au monde que les relations entre communautés peuvent se décliner autrement que par la violence et la haine.
Cette nomination de Rasha Athamni n’est peut-être qu’une goutte d’espoir dans un océan d’appréhension, mais elle permet de croire dans un avenir différent. Puisse son énorme sourire se diffuser dans l’ensemble de la région qui en a cruellement besoin. Puisse le symbole qu’elle représente servir de catalyseur et remplacer un engrenage meurtrier, par un cercle vertueux. C’est mon souhait le plus cher pour cette nouvelle année.
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