A l’initiative de Richard Laub, Stand up for the United States of Europe s’est constitué à Bruxelles en vue de redynamiser l’Union européenne. Comment ? En proposant la création d’une Europe fédérale fondée sur le modèle des Etats-Unis d’Amérique. Ce mouvement citoyen présentera en Belgique des candidats aux élections européennes du 25 mai 2014.
« Quand on voit les populistes et les extrêmes resurgir et présenter systématiquement l’Europe comme la source de tous les maux, on craint qu’ils détricotent ce qui a été déjà réalisé, avec des conséquences désastreuses », observe Richard Laub, homme d’affaires bruxellois et fondateur de Stand up for the United States of Europe.
Même si Stand up for Europe présente une liste aux élections européennes du 25 mai 2014, ses membres se perçoivent résolument comme un mouvement citoyen. Cette participation aux élections est surtout un moyen de se faire entendre de manière efficace. « A défaut, on est condamné à n’être qu’un énième think tank européen », estime Richard Laub. « La participation aux élections européennes apparaît comme la meilleure manière d’influencer le débat ».
Fédération, fédéraliste, fédéral. Ces termes sont essentiels quand on parle d’Europe. S’agit-il d’évoluer vers un modèle à l’américaine. « Nous considérons que le modèle institutionnel des Etats-Unis d’Amérique n’est pas sot », précise Richard Laub. « Nous nous en inspirons, sans pour autant le copier intégralement. Mais l’idée d’avoir un président élu au suffrage universel, un gouvernement fédéral et deux chambres me semble un modèle relativement sain ».
Stand up for the United States of Europe propose donc la création d’une véritable identité européenne fondée sur une Constitution, une charte fondamentale des valeurs et la multiplication de mécanismes et de dispositions pratiques permettant de la diffuser et de la vivre concrètement.
Et quand on entre dans le concret, on ne peut passer sous silence la question des moyens financiers pour faire triompher ces principes. « Il s’agit de faire passer le budget européen, qui représente aujourd’hui 1% du PIB européen, à 20%. Aux Etats-Unis, le budget fédéral est de 23% du PIB ! », précise Richard Laub. Il est clair que cela donnerait à l’Europe des marges de manœuvres colossales. D’autant plus qu’aujourd’hui les déperditions de ressources sont énormes. « Le Parlement européen vient de publier une étude qui chiffre le coût de la « non-Europe » à 800 milliards d’Euros par an, soit deux fois le budget de la France », déplore Richard Laub.
Les dettes nationales supposent des taux d’intérêt beaucoup plus élevés qu’une situation avec une seule dette européenne. Et si on ajoute à cela tous les postes régaliens nationaux comme la défense, la sécurité, la diplomatie et la justice, on démultiplie à chaque fois par 28 des postes administratifs. « Pendant qu’on organise aujourd’hui cette gabegie généralisée, on demande aux pays du Sud de l’Europe de mener des politiques d’austérité dont la conséquence est l’aggravation de la situation », poursuit Richard Laub. « Ainsi, le PIB de la Grèce est passé de +/- 280 milliards d’Euro il y a cinq ans à 220 milliards aujourd’hui. Et le taux de chômage est passé de 20% à 30%. Tous les indicateurs sont donc plus que dans le rouge. On voit même des pays du Nord entrer dans une même logique d’austérité alors qu’on gaspille 800 milliards d’Euros par an avec la « non-Europe ». Non seulement les programmes d’austérité détériorent le climat économique et social des pays du Sud de l’Europe mais ils créent surtout des risques de rupture entre le Nord et le Sud de l’Europe. Plus l’écart s’accentue, moins les peuples du Nord se sentent solidaires des populations du Sud ». En renforçant le dispositif européen et en mutualisant leurs moyens, les Etats membres de l’Union européenne pourront alors dégager des marges de manœuvres afin de relancer une politique industrielle.
Certaines personnalités politiques ont déjà avancé des idées de ce type. Ainsi, Daniel Cohn-Bendit et Guy Verhofstadt défendent ardemment l’idée d’une Europe fédérale. « Il y a effectivement un Guy Verhofstadt au sein de l’Open VLD mais il y a aussi dans ce parti des tas de gens qui ne défendent pas les conceptions fédéralistes de ce dernier », fait remarquer Richard Laub. « En tant que mouvement, nous ne pouvons pas nous prononcer sur de nombreux sujets en raison du caractère pluraliste de Stand up for Europe. En revanche, sur l’Europe, nous sommes très clairs, à l’inverse des partis traditionnels. S’ils se prononcent clairement sur les thèmes classiques de l’échiquier gauche/droite, ils sont plus flous sur l’Europe car au sein de chacun de ces partis, il y a des sensibilités différentes sur la vision européenne. Bien que la Belgique se situe plutôt dans une ligne pro-européenne, on entend souvent des discours de plus en plus hostiles à l’Europe ».
Quel serait l’impact de la présence d’un élu de Stand up for the United States of Europe au Parlement européen ? « Pour la première fois depuis 1979, il y aurait un élu issu d’une liste déterminé à franchir le Rubicon du fédéralisme européen », réagit Richard Laub. « Avec les partis traditionnels, on est condamné à rester au milieu de la rivière et d’être emporter par des courants populistes et nationalistes. Comme les partis traditionnels sont de plus ne plus tétanisés par cette frange populiste, ils sont donc amenés à modérer leurs ardeurs européennes. C’est la raison pour laquelle, il faut qu’il y ait un mouvement soucieux de défendre le chemin d’une Europe plus intégrée et plus en phase avec les aspirations des citoyens européens ».
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