Une peine d’un an de prison requise contre l’ex-député Laurent Louis

L’avocat général Stéphane Lempereur a requis, lundi en fin d’après-midi, devant la cour d’appel de Bruxelles, une aggravation de peine à l’encontre de Laurent Louis.

L’ex-député fédéral est prévenu pour avoir tenu des propos négationnistes et antisémites en 2014. L’avocat général a requis une peine d’un an de prison à l’encontre du prévenu, contre une peine de six mois de prison avec sursis prononcée en première instance. La défense, Me Sébastien Courtoy, a quant à elle plaidé l’irrecevabilité des poursuites.

Le ministère public a estimé qu’il n’avait aucune bienveillance à témoigner à l’égard de Laurent Louis. Il a requis une peine d’un an de prison, avec sursis éventuel, contre une peine de six mois de prison avec sursis prononcée par le premier juge. Il a également requis l’amende pénale maximale, soit 5.000 euros, contre une amende de 3.000 euros prononcée en première instance.

« Monsieur Louis vient à minimiser la Shoah et à mettre en doute l’existence des chambres à gaz mais il se présente en victime. Il n’a fait des excuses devant votre cour que pour les besoins de la cause. Je pense que les faits sont particulièrement graves car monsieur Louis profite du climat actuel en Europe pour répandre ses idées extrémistes. Je ne pense pas que je dois rappeler à la cour l’Histoire et tout ce qu’il s’est passé lors de la montée au pouvoir d’Hitler« , s’est exprimé le procureur Stéphane Lempereur à l’attention des juges.

Laurent Louis comparaît en justice pour avoir dit sur son blog, le 9 juin 2014: « Certes Jean-Marie Le Pen a dit que les chambres à gaz n’étaient qu’un détail de l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale et cela peut choquer, mais en y réfléchissant un peu, est-ce si faux que cela? (…)« .

Laurent Louis avait ensuite été cité directement devant la justice par le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), partie civile au procès. Le Centre interfédéral pour l’égalité des chances (Unia), le Centre d’action laïque et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) s’étaient également joints à l’action du CCOJB.

Lundi soir devant la cour d’appel, Me Sébastien Courtoy, conseil de Laurent Louis, a pris la parole pour la défense de son client. L’avocat a soulevé diverses questions de procédure qui rendent, selon lui, les citations des parties civiles irrecevables.

Sur le fond, Me Courtoy a affirmé que son client avait fait la déclaration mise en cause pour « faire le malin« .

« C’est un brave type qui a une psychopathologie. Un expert psychiatre avait d’ailleurs été désigné pour l’examiner. Mais c’est loin d’être un théoricien du négationnisme comme on essaie de le présenter du côté du ministère public et de la partie civile. Soyons sérieux, ce n’est pas lui qui va faire basculer la Belgique dans le fascisme, là où l’extrême droite est quasi inexistante« , a-t-il dit.

L’avocat a ainsi plaidé, à titre subsidiaire, la suspension probatoire du prononcé pendant cinq ans. Parmi les conditions, Me Courtoy a proposé que son client effectue un voyage à Auschwitz.

L’arrêt sera prononcé le 20 septembre prochain à 9h.

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