Le 12 février 2015, dès 19h30, le CCLJ se mettra aux couleurs klezmer en vous proposant sa deuxième soirée festive, en partenariat avec la Maison de la Culture juive et la Fête des musiques juives. Rencontre avec Gilles Sadowski, flutiste de l’ensemble Atland.
En quoi consiste cette soirée yiddish et à qui s’adresse-t-elle ?
Il s’agit d’une soirée d’introduction pour les débutants qui souhaiteraient apprendre les pas, mais aussi pour ceux qui voudraient venir danser, tout simplement. Hélène Doumergue s’adaptera aux différents niveaux. Notre ensemble Altland accompagnera en musique les danseurs, permettant au professeur de se libérer de cette tâche et aux participants d’apprendre les pas doucement d’abord, pour les reproduire progressivement selon le tempo normal du klezmer.
Comment le groupe Altland a-t-il vu le jour ?
De formation académique, j’ai d’abord joué de la flûte à bec avec mon oncle Daniel Rabinovitsj et Willy Kostucky, percussionnistes. Après avoir participé à un stage donné à Londres en 2005 par Hélène Doumergue, qui faisait le lien direct entre la musique et la danse en apprenant aux musiciens à ressentir le rythme klezmer pour le jouer correctement, j’ai eu envie d’aller plus loin, et nous avons lancé Altland, qui compte aujourd’hui quatre musiciens : Daniel Rabinovitsj (percussions), Benoît Goovaerts (basson), Francesc Marco (accordéon), et moi-même (clarinette). Nous essayons de reproduire le klezmer des origines, cette musique d’Europe de l’Est disparue dans les années 30 avec toute une civilisation. Nous nous basons sur les plus anciens enregistrements, vers 1910, et les reproduisons de la façon la plus « authentique » possible.
En quoi cette musique klezmer se distingue-t-elle ?
C’est une musique traditionnelle, une musique d’oreille, contrairement à ce qui est enseigné en académie. Le fait de l’apprendre par cœur permet de se concentrer sur la façon de la jouer. Contrairement à la musique chrétienne, plus abstraite et tournée vers le divin, la musique klezmer est une représentation de la vie quotidienne, avec beaucoup d’intonations, des pleurs, des soupirs, des rires, reflet de l’humanité. Ce qui la caractérise aussi est son hétérophonie, soit une même ligne mélodique jouée par plusieurs instruments. Ces petits décalages créent une réverbération naturelle que beaucoup de musiciens académiques considèrent comme des « erreurs ». Or, il est essentiel pour chaque instrument de recréer son « krehtz », soupir de la voix, pour donner au klezmer toute sa sensibilité. Qui sait cet atelier klezmer débouchera-t-il un jour sur un véritable bal klezmer, où les spectateurs pourront se joindre aux danseurs et déguster de la cuisine traditionnelle. C’est l’une de nos ambitions.
Réservation souhaitée au 02/543.02.70 ou info@cclj.be
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