Non, il ne s’agit pas d’élire une nouvelle Knesset (quoique*) : plus simplement, le Conseil constitutionnel français a invalidé plusieurs élections de députés des Français de l’étranger, dont la 8ème où se trouve Israël
On se souvient peut être de cette astucieuse idée de Nicolas Sarkozy : obtenir facilement une douzaine de députés en les faisant élire par les Français résidant hors du pays, supposés être en majorité de droite.
Bien vu : lors de la « vague rose » de 2012 la gauche l’avait emporté quasi partout. Y compris dans la 8ème circonscription, « Europe du sud » (Turquie, Malte, Italie, Grèce, Saint-Marin, Saint-Siège, Chypre, et Israël).
Un siège pourtant imperdable : la majorité des électeurs se trouvent en Israël et ils votent droite, extrême-droite. N. Sarkozy y avait d’ailleurs remporté 92% des voix face à F. Hollande. Mais cette suprématie est des plus théoriques.
D’abord, parce que, contrairement aux autres, les Français d’Israël ont quitté définitivement leur pays d’origine et ne voient donc guère l’utilité d’élire un représentant au palais Bourbon. Quant aux rares qui veulent bien participer, ils se retrouvent devant une droite divisée
Car celle-ci, outre la candidate de l’UMP, Valérie Hoffenberg, en présentait plusieurs autres dont l’ineffable Philippe Karsenty. Résultat : les Français d’Italie, de Grèce ou de Turquie ont voté en plus grand nombre… et ont élu la candidate de gauche, Daphna Poznanski.
Laquelle vient donc d’être retoquée pour « dépassements substantiels » des dépenses autorisées et est inéligible pour un an. Elle ne peut donc concourir à l’élection prévue dans les trois mois. L’heure de la revanche pour Valérie Hoffenberg ?
Rien n’est moins certain : elle n’est guère aimée en Israël (19% des voix, à peine) et pas très populaire chez les Français des autres pays. Qui plus est, le délégué de l’UMP en Italie, Alexandre Bezardin, s’est, d’ores et déjà, déclaré candidat…
Mais alors, un boulevard ne s’ouvre-t-il pas devant Ph. Karsenty dont le complotisme anti-Enderlin est davantage apprécié du côté de Netanya ? Las, ses comptes ont également été rejetés par le Conseil constitutionnel, le rendant tout aussi inéligible.
Ce qui lui a permis de pondre un de ces communiqués surréalistes dont il s’est fait une spécialité. Il y explique d’abord que ses comptes ont été rejetés « pour des raisons techniques » (sous entendu : alors que les autres sont des voleurs).
Il prétend ensuite qu’il pourrait déposer un recours –et, bien sûr, le gagner- devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Foutaise : il est peu probable que la Cour l’accepte et, même si : il passerait après les 100.000 affaires que celle-ci, débordée par son succès, doit encore traiter…
De toute façon, Karsenty ne le fera pas car « à ce stade, j’ai d’autres combats à mener ». Dit autrement, il va se replier sur son « cœur de métier », la dénonciation obsessionnelle « du pire complot antisémite depuis l’affaire Dreyfus et/ou les Protocoles des Sages de Sion ».
Sans rire maintenant : et qui va défendre les couleurs de la gauche dans ce combat de Titans ? La rumeur évoque Patrick Klugman et ce ne serait pas un mauvais choix : c’est un proche de Bertrand Delanoë, le maire de Paris et un soutien de longue date du Président Hollande.
Il a été vice-Président de SOS Racisme et comme avocat, il a défendu aussi bien Bernard-Henri Levy que Caroline Fourest ou de l’acteur Omar Sy. Il est aussi membre du bureau de JCall et défend donc la solution dite « des deux Etats »
De quoi faire grimper aux rideaux les Franco-Israéliens mais une pas mauvaise carte de visite dans les autres pays. Jouable donc.
*B. Netanyahou, énervé par l’alliance entre Yaïr Lapid et Nafatali Bennett (voir notre article d’hier : http://www.cclj.be/article/2/4110) menace de dissoudre la Knesset qui vient d’être élue. Rodomontades de négociateur coincé…
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