Vlaams Belang : bon chien de chasse de race

Comme tous les partis qui sont en crise, le VB en revient à ses fondamentaux : semer la peur et récolter la haine.

Dieu, que la ficelle est grosse… Depuis quelques temps, le Vlaams Belang (VB) se fait plumer par la N-VA : 232.000 voix perdues rien qu’en 2010 (un bon tiers de son électorat, tout de même…). Et que fait-il ? Il s’interroge ? Il se remet en question ?

Et puis quoi encore ? Au contraire, ses dirigeants mettent en œuvre une stratégie aussi vieille que la politique : quand cela va mal, on retourne aux fondamentaux. Avec l’espoir de rappeler à l’électeur volage qui le défend vraiment.

Ainsi, le VB vient-il de lancer un site où les citoyens honnêtes pourront dénoncer -de façon anonyme, cela va de soi- les étrangers en situation irrégulière dans notre pays. Le parti fera suivre à qui de droit.

L’idée est débile, insultante pour les Flamands et, qui plus est, parfaitement illégale. Ce que le leader du VB, Filip Dewinter, et ses séides savent très bien. Mais elle fera parler du parti et c’est l’essentiel.

Mais, involontairement, cette démarche constitue aussi une salutaire piqûre de rappel pour ceux qui voulaient croire que le Vlaams Belang était devenu « un parti comme les autres ». Il n’en est rien. Bon chien chasse de race, le proverbe est tout à fait en situation.

Car, inviter les gens à la délation était, en effet, une des grandes spécialités du -pas si lointain- ancêtre du VB, le « Vlaams Nationaal Verbond » (VNV). A l’époque, c’étaient les Juifs qu’il fallait dénoncer à l’occupant nazi.

Aujourd’hui, c’est l’Arabe. Et certes, nous sommes à présent dans un Etat de droit. Les éventuelles victimes ne seront pas non plus déportées, seulement expulsées. Mais l’état d’esprit du VB est le même : il s’agit toujours d’attiser la peur, la haine, la lâcheté.

D’aucuns se sont aussi demandés si le Vlaams Belang était bien un parti fasciste. Si on s’en réfère à la définition de Karl Schumacher* : « Le fascisme est un appel au salaud qui dort dans tout homme », la réponse semble aller de soi.

* Cette phrase que le député social démocrate Karl Schumacher lança au Parlement allemand en 1932 lui valut 12 ans de concentration quand les nazis prirent le pouvoir.

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