A l’issue d’un scrutin qui a vu une spectaculaire progression nationaliste en Flandre, le cordon sanitaire déroulé autour du Vlaams Belang se voit remis en question. Et pourtant… Lors de la campagne électorale pour le scrutin du 26 mai, le Vlaams Belang a distribué à Bruxelles un toutes boîtes de propagande sous le slogan « Eerst ONZE mensen », « Les nôtres d’abord ! » Nous contre eux. Nous contre les francophones. Nous contre les Wallons. Nous contre les étrangers. Nous contre les musulmans.
Le Vlaams Belang a rajeuni son personnel politique. Il affiche désormais un style costume cravate propret. Il a poli son image. A l’instar de son homologue français, le Rassemblement national de Marine Le Pen, il a teinté son programme d’accents sociaux. Mais son jeune président côtoie le tout aussi jeune leader du mouvement de droite radicale « Schild en Vrienden » qui diffuse des messages conservateurs, sexistes, racistes et anti immigration. Et préconise, « une longue marche vers les institutions » publiques afin de bouleverser le système politique et changer la société en faveur du « groupe ethnique » flamand.
Plus que jamais séparatiste, le Vlaams Belang milite pour l’indépendance de la Flandre. Si le « België barst » (« que la Belgique crève ») n’est plus vociféré, la destruction du pays reste au programme. Parti héritier de la Collaboration flamande avec le nazisme ainsi que du Vlaams Blok qui a toujours drainé les sympathies des nostalgiques d’Ordre nouveau, leur antisémitisme et leur négationnisme, le Vlaams Belang justifie pleinement par sa nature antidémocratique et subversive le maintien de cette mesure d’exception qu’est le cordon sanitaire.
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