Le 18 mai dernier, le temps d’une journée, le CCLJ proposait de (re)découvrir « Ostende-la-Juive », « Ostende Reine des Peintres ». Au programme : visite de sa somptueuse synagogue et du Mu.Zee, en compagnie du président du Consistoire central israélite, Julien Klener. Impressions.
La journée était radieuse et l’ambiance conviviale, le groupe était chaleureux et très européen, avec notamment deux Italiens, deux Grecs et un Polonais… qui se sent juif quand il vient au CCLJ.
Nous étions accompagnés par un illustre Ostendais, le président du Consistoire, Julien Klener, qui nous a d’abord raconté l’histoire de la communauté juive de celle que l’on surnomme « la Reine des plages ».
La communauté n’a vraiment pris son essor qu’à la fin du 19e siècle, avec l’arrivée de nombreuses familles d’origines diverses, anglaises, françaises, européennes de l’Est. A son apogée, elle a compté 150 familles. Entre les deux guerres, il en restait une trentaine. En 1942, les Juifs d’Ostende ont été obligés d’aller s’installer à Bruxelles, Anvers, Liège ou Charleroi. Ils ont été nombreux à périr dans la Shoah. Quand Julien Klener est revenu, après la guerre, il s’est retrouvé le seul Juif de sa génération à Ostende.
Mais en plus des familles résidant dans la ville, il y avait aussi les commerçants de passage et les touristes juifs fortunés, qui étaient particulièrement nombreux à la Belle époque, soit 2.000 personnes environ. C’est ce qui explique pourquoi la communauté a pu inaugurer en 1911 une grande synagogue de style romano-byzantin, très avenante, mais qui est très vite devenue surdimensionnée puisque, la guerre de 14 finie, les Juifs fortunés de l’Empire austro-hongrois ne sont évidemment jamais revenus.
Dans l’entre-deux-guerres, Ostende a reçu la visite d’illustres personnalités fuyant le nazisme, comme Stefan Zweig, Josef Roth et Albert Einstein.
Aujourd’hui, la communauté juive d’Ostende n’est quasi plus, mais eu égard à la superbe de la synagogue, elle s’efforce de la faire survivre en tant que lieu de culte. La synagogue est ouverte l’été et pour les fêtes de Rosh Hashana et Yom Kippour. Ces jours-là, elle attire des Juifs de France, d’Allemagne et d’autres villes belges.
L’après-midi, nous avons changé de registre et visité le nouveau musée De Mu.Zee, où une excellente guide nous a présenté avec talent les belles collections de tableaux de James Ensor et Léon Spilliaert. Quelle belle journée !
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