‘Welt’, toute la saveur du Yiddishland

Le mercredi 14 janvier 2015 à 20h30 au CCLJ, avec son orchestre Welt, David Bursztein fera revivre pour nous, « ce monde que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaitre » : celui du Shtetl, avec son tailleur, son shnorer, son Juif errant… et cet accent yiddish à nul autre pareil. Un magnifique voyage dans le temps, en contes et en musique, pour rendre hommage à nos anciens.

« Le temps d’un spectacle, je mets mon corps en location pour donner la parole à mes dibbouks, comme si nos anciens venaient nous chuchoter leurs histoires à nos oreilles », une bonne introduction livrée par le comédien David Bursztein lui-même, pour mieux comprendre le spectacle « Welt » (« un monde » en yiddish) qui se jouera le 14 janvier 2015 au CCLJ… après avoir dû refuser du monde aux Nuits de Fourvières à Lyon et au Festival d’Avignon !

A la différence de ceux qui considèrent les dibbouks comme des esprits malins, David Bursztein les relie directement à sa mémoire, voyant en eux les témoins précieux d’un passé révolu qu’il n’hésite pas à faire revivre. « La vie est déjà quelque chose d’incroyable, tout est donc possible », sourit-il, en évoquant le souvenir de ses grands-parents. « Il me suffit de penser à eux pour les convoquer, et la scène permet idéalement à chacun de s’exprimer », explique-t-il.

Né à Bruxelles, David Bursztein vit aujourd’hui en France, où il est comédien depuis trente ans et musicien depuis vingt. Dans ses orchestres « pure diaspora », comme il les définit, il chante en espagnol, en yiddish, en hébreu, en anglais… composant ses propres morceaux ou reprenant les plus grands standards. De « Life Is Not A Picnic » (cuivré, afro-cubain et jazz) à “Welt” (Klezmer) monté il y a deux ans, il confie se rapprocher de ses racines en mûrissant. « En tant que Juif isolé au milieu des Gentils depuis trente ans, créer le spectacle Welt était très important pour moi », souligne celui qui a choisi de s’attacher particulièrement au Talmud, comme lieu ouvert de discussion et de contradictions, « un hymne à la nuance pour rappeler les fondements du judaïsme » à ceux, nombreux, qui n’associent celui-ci qu’à Israël ou à la Shoah. « De la même façon, à travers les blagues juives qui servent de point de départ à mes histoires et font partie de la grande Histoire du judaïsme, on retrouvera toute la sagesse de l’humour juif. C’est l’objectif de Welt : ramener le judaïsme à son essence, à son humanité, à sa sagesse ».

A la fois narrateur et chanteur -avec les incontournables A Yiddishe Mame, Papirossen, Yidl mitn fidl, ou le Champ des Partisans, pour n’en citer que quelques-uns-, David Bursztein se voit accompagné sur scène par cinq musiciens (violon, guitare, contrebasse, cymbalum/vibraphone et orgue de barbarie/accordéon). « La clarinette a été mise volontairement de côté », souligne-t-il, « pour rester cohérent avec la misère et la vie de rue du Shtetl, telle que la décrit Sholem Aleichem ». Un mélange d’instruments et de grains qui apporte toute son originalité à la musique du spectacle, dont se dégage un univers très fidèle à celui du yiddish. Les dibbouks de David Bursztein raviveront aussi en nous toutes ces odeurs de bouillon de poule, kneidlèh et autres lokchen, aussi chères à notre cœur que l’accent yiddish savoureusement utilisé par le comédien pour nous emmener dans son voyage.

Et si depuis un an et demi, après une trentaine de représentations à travers la France, Welt est toujours sur scène, son avenir aussi semble assuré : « On souhaite le mener le plus loin possible », se réjouit David Bursztein, « en Suisse, et peut-être même jusque New York ! »

Le klezmer et le yiddish semblent avoir de beaux jours…

Plus d’infos : http://lifeisnotapicnic.com

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