En un rien de temps, nos médias ont retrouvé leurs réflexes anti-israéliens d’antan. Oubliés la tragédie syrienne et les très hivernaux printemps islamiques. Nous voici à nouveau confrontés au bon temps du Western, où le bon est toujours palestinien et le mauvais « sioniste ». Décryptage pour ceux qui regardent nos JT et consultent nos quotidiens du soir.
Règle numéro 1 : quoi qu’ils fassent, les ennemis d’Israël sont toujours par définition innocents; d’où l’obligation de gommertout ce qui pourrait leur porter préjudice. Ainsi, nos médias se sont-ils interdits de porter à la connaissance du public belge les centaines de tirs de roquettes, missiles et fusées tirés, avant le début de la crise, depuis l’enclave de Gaza sur le territoire israélien.
Règle numéro 2 : quoi qu’il fasse, Israëlest toujours coupable. Faute d’avoir fourni la moindre information sur les tirs de roquettes, le conflit semble relever de sa seule responsabilité. Ainsi, l’exécution ciblée du chef de la branche armée du Hamas apparaît, dès lors, purement gratuite, sinon perverse.
Règle numéro 3 : Israël ne fait pas la guerre au Hamas, mais au peuple palestinien, comme si le Hamas n’était pas un mouvement totalitaire qui chassa, en son temps et dans le sang, les partisans de Mahmoud Abbas. Le Hamas ne sera jamais autrement présenté que comme le représentant légitime de la résistance palestinienne. Son discours antisémite, sa gestion totalitaire de Gaza sont systématiquement passés sous silence. On accorde dès lors à ce mouvement terroriste le droit de viser des cibles civiles israéliennes au hasard.
Règle numéro 4 : coupables par définition, les Israéliens n’ont aucun droit de se défendre et/ou répliquer aux tirs de roquettes et ce, d’autant plus que celles-ci font peu de… dégâts. Ceci, à l’opposé de la Turquie qui use pleinement de son légitime droit de suite, ici contre la Syrie, là contre l’Irak. Que les faibles pertes civiles israéliennes s’expliquent par son système révolutionnaire de défense anti-missiles n’y change rien. Si seulement les Israéliens s’interdisaient de protéger leur population civile et d’accepter, comme il leur sied depuis 2.000 ans, de mourir davantage, le conflit apparaitrait bien moins disproportionné.
Règle numéro 5 : dès le premier jour du conflit, et malgré son souci de cibler ses frappes, Israël se verra toujours accusé de mener une guerre sale, bref de commettre des crimes de guerre, sinon contre l’humanité.
Règle numéro 6 : les Israéliens sont destueurs d’enfants. Contrairement à tous les autres conflits, le nombre des enfants palestiniens morts est central dans la narration, comme s’ils étaient expressément visés. Depuis 1144, l’accusation d’infanticide colle aux Juifs. Vous n’entendrez jamais « trois enfants ont été (ô combien hélas !) victimes des bombardements israéliens », mais bien « les Israéliens ont tué trois enfants » (sic). Une question se pose alors : comment Assad et l’opposition syrienne font-ils pour éviter toute mort d’enfants, malgré des bombardements, là, assurément aveugles ?
Règle numéro 7 : enfin, tout est fait pour présenter la bande de Gaza comme une zone sinistrée. Le fait qu’elle soit ravitaillée par son propre ennemi et qu’elle ait une frontière commune avec l’Egypte est toujours passé sous silence. Tout est fait pour assimiler Gaza aux ghettos d’Europe orientale, voire à un camp de concentration. C’est un formidable « Waterloo de la pensée » si l’on songe à la dizaine d’armes à feu des combattants du ghetto de Varsovie et aux quelques haches des insurgés de Sobibor… Dans son émirat quasi indépendant, le Hamas a réussi à amasser le plus formidable arsenal terroriste de tous les temps !
Il paraît dès lors urgent de se méfier du romantisme de nos médias, incapables de penser autrement qu’en noir et blanc un conflit décidément très gris. Car ne croyez pas plus en l’innocence d’Israël. Toute légitime que soit l’action menée par le gouvernement israélien à l’encontre du Hamas, l’attitude de Netanyahou à l’égard de la Cisjordanie apparaît totalement injuste, scandaleuse et contre-productive. On ne peut pas d’un côté refuser (et à juste titre) de négocier avec une organisation qui n’a de cesse de vous détruire et de l’autre, refuser toute avancée avec le gouvernement légitime du peuple palestinien. A force de refuser tout geste de bonne volonté, Israël ne risque ni plus, ni moins qu’une troisième intifada. Jamais, sans doute, depuis sa création, l’Etat hébreu n’a-t-il eu de pire gouvernement.
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