Yacob Mahi est visé par une procédure de suspension provisioire

Suite à sa mise en cause dans l’affaire du passage à tabac d’un élève de l’Athénée Leonardo Da Vinci d’Anderlecht ayant refusé de signer une pétition contre un enseignant solidaire de Charlie Hebdo, Yacob Mahi, prédicateur et professeur de religion islamique dans cette école, fait l’objet d’une mesure de suspension préventive.

Un rapport a été commandé par la ministre de l’Education Joëlle Milquet afin d’établir la clarté sur cette affaire. Il a été rendu public ce jeudi 26 mars 2015. Le rapport s’intéresse au rôle que Yacob Mahi aurait exercé dans l’initiative d’une pétition exigeant la démission d’un professeur d’histoire ayant sensibilisé ses élèves à la tragédie de Charlie Hebdo et au lien entre cette pétition et l’agression violente d’un élève. Le rapport en conclut que cette agression « n’avait pas de lien avec les faits relatifs à la signature d’une pétition ».

L’absence de lien de causalité entre les deux faits ne met pas pour autant fin à la procédure visant Yacob Mahi. En cause, la lettre ouverte que ce dernier avait publiée dans La Libre Belgique le 4 février 2015. En guise de défense, il s’agissait surtout d’une offensive virulente dont la tonalité complotiste et apologétique à l’égard de son « maitre à penser » le négationniste Roger Garaudy ne faisait qu’aggraver son cas. Il évoquait notamment « la vision impériale des médias et des lobbys de la pensée unique plaidant pour la soumission de l’esprit à une garde prétorienne, par qui la liberté d’expression subirait de la censure », « les brillants élèves » partis en Syrie qui « ne posent aucun problème d’intégration », « le génocide des Palestiniens », des « extrémistes laïcistes et sionistes« …

Joëlle Milquet a donc annoncé l’ouverture d’une procédure disciplinaire à l’encontre de Yacob Mahi. Le principe « d’entraide » à l’égard de son collègue professeur d’histoire n’aurait pas été respecté. La ministre ajoute aussi qu’à travers sa lettre ouverte, Yacob Mahi aurait surtout manqué au « devoir de réserve et au respect des valeurs attendues d’un enseignant de la Fédération Wallonie-Bruxelles ».

Mais il y a encore plus grave, et cette fois-ci on quitte le terrain politique et idéologique pour celui des mœurs et de la chronique judiciaire. Le communiqué de la ministre de l’Enseignement indique aussi qu’elle engage une « procédure en suspension préventive dans l’attente des résultats d’une procédure judiciaire, laquelle devra déterminer si l’intéressé a adopté des comportements inappropriés à l’égard de certains élèves ». Selon plusieurs quotidiens de la presse généraliste (Le Soir, La Libre Belgique, la DH), ce n’est pas la première fois que Yacob Mahi est visé par une telle procédure. Une plainte avait été déposée le 10 février 2014 pour attentat à la pudeur à l’endroit d’un mineur âgé de 16 à 18 ans.

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