Yom Kippour, l’occasion ou jamais

Maman : trentenaire un peu débordée

Enfants : un ptit gars de 7 ans et 4 mois, une blondinette de 4 ans et 3 mois, en plein Kippour

La blondinette : « Et pourquoi c’est pas les garçons qui vont en haut et les filles en bas…»

Yom Kippour, c’est pas tous les jours. La plus grande librairie bruxelloise ne ferme qu’un jour par an, et elle a décidé de le faire le jour du Grand Pardon, c’est dire. Nous avons trouvé l’occasion excellente pour aller à la synagogue, la grande, celle de la rue de la Régence, à Bruxelles. Pour faire découvrir aux enfants une des facettes de leur identité. Pas sûre d’ailleurs que la blondinette ait tout de suite compris notre objectif : « Y a aucune place de parking, ça, c’est parce que tout le monde veut aller voir les Juifs qui prient ! », nous a-t-elle lancé. Tandis que le ptit gars, très motivé et (un peu) plus familier des traditions, avait dans la voiture déjà revêtu sa kippa, « pour s’habituer », a-t-il justifié.

Beaucoup de monde à notre arrivée, dans la grande salle, à l’écoute du grand rabbin de Bruxelles, paré de ses plus beaux atours, officiant depuis sa chaire; sur les escaliers aussi, des plus jeunes bavardant, riant, préférant visiblement les retrouvailles au cérémonial; et au premier, à l’étage réservé aux femmes, à la grande surprise de la blondinette. « Et pourquoi c’est pas les garçons qui vont en haut et les filles en bas, on verrait beaucoup mieux ! ». Sur ce coup, elle n’a pas tort… nous devrons en effet nous contenter toutes les deux du balcon.

Après l’office, la magnifique prestation du hazan et la sortie toujours émouvante -qu’on y croie ou pas- des rouleaux de la Torah, après les salutations des amis avec lesquels on s’étonne de se retrouver là, nous sommes repartis tous les quatre d’où nous venions.

En rentrant, nous avons discuté avec les enfants de cette fameuse balance qui pèse en ce jour particulier nos bonnes et moins bonnes actions de l’année, de ce que nous pourrions faire de mieux et de ce que nous pourrions éviter. Nous n’avons en revanche pas jeûné comme certains y tiennent dans la communauté et comme la religion le prescrit. J’ai trouvé l’explication d’une amie à ce sujet très convaincante : « Ma grand-mère nous disait qu’elle l’avait fait pour nous tous dans les camps, et que cela nous était donc épargné. Nous décidons de ne pas jeûner pour respecter sa pensée », me confiait-elle.

Je me suis contentée de dire aux enfants que les plus croyants ne mangeaient pas ni ne buvaient le temps d’une journée. La blondinette a écouté, le ptit gars a demandé s’il pouvait essayer, avant de se rétracter. On en reparlera après sa Bar-Mitzva.

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